Daniel Felipe Martinez a remporté la 13e étape du Tour de France au Puy Mary à l'issue d'une étape montagneuse de 191,5km et d'un dénivelé positif de 4.400m vendredi au départ de Châtel-Guyon. Au sommet de ce col de première catégorie, le Colombien d'EF Pro Cycling a battu dans un sprint à deux l'Allemand Lennard Kämna (Bora-Hansgrohe).

Le Slovène Primoz Roglic (Jumbo-Visma) conserve son maillot jaune et creuse même l'écart sur le Colombien Egan Bernal (Ineos Grenadiers).


Une étape éprouvante

Après dix kilomètres de course, cinq coureurs ont pris la poudre d'escampette: Dan Martin (Irl/Israel Start-Up Nation), Julian Alaphilippe (Fra/Deceuninck-Quick Step), Benoit Cosnefroy (Fra/AG2R-La Mondiale), le porteur du maillot à pois, Rémy Cavagna (Fra/Deceuninck-Quick Step) et Simon Geschke (All/CCC). Thomas De Gendt (Lotto Soudal) a bien tenté de sauter dans le bon wagon, en vain. Un groupe d'une dizaine de coureurs, dont Peter Sagan (Svq/Bora-hansgrohe) a tenté ensuite d'effectuer la jonction. Là aussi sans succès. Seul Marc Soler (Esp/Movistar) est parvenu à rejoindre le groupe de tête où Cosnefroy a été distancé, dans le Col de Ceyssat.

Après 60km de course, 12 coureurs - Pavel Sivakov (Rus/Ineos Grenadiers), Lennard Kämna (All/Bora-Hansgrohe), Warren Barguil (Fra/Arkéa-Samsic), Valentin Madouas (Fra/Groupama-FDJ), Hugh Carthy (G-B/EF Education First), Daniel Martínez (Col/EF Education First), Neilson Powless (USA/EF Education First), Nicolas Edet (Fra/Cofidis), David de la Cruz (Esp/UAE Team Emirates), Pierre Rolland (Fra/B&B Hotels-Vital Concept), Max Schachmann (All/Bora-Hansgrohe) et Romain Sicard (Fra/Total Direct Energie) - avaient effectué la jonction pour se retrouver à 17 en tête avec 5:20 d'avance sur le peloton maillot jaune.

Dans le peloton, une chute survenue après 100 km, a mis hors course le Néerlandais Bauke Mollema (Trek-Segafredo), touché au poignet. Romain Bardet (Fra/AG2R La Mondiale) et Nairo Quintana (Col/Arkéa Samsic) étaient également impliqués, mais ont pu repartir.

Alors que le peloton pointait à 10 minutes, Powless s'isolait en tête dans une descente, à 40 bornes de la ligne. Il était rejoint par Schachmann. Ce dernier tentait même l'aventure en solitaire à 18 km de l'arrivée. Il entamait la montée finale du Pas de Peyrol (5,4 km à 7,7 pour-cent) avec 20 secondes d'avance sur Kämna et Martinez, partis en contre sur le Col de Neronne (3,8km à 9,1%/cat.3).

Martinez et Kämna revenaient sur Schachmann à 1,5 km de l'arrivée, le distançaient et se disputaient la victoire au sprint. Martinez se jouait de Kämna pour s'offrir, à 24 ans, la 6e victoire de sa carrière après avoir assuré l'essentiel de la poursuite derrière Schachmann (puisqu'il s'agit d'un équipier de Kamna). Le Colombien avait remporté en août le Critérium du Dauphiné.

Dans le groupe des favoris, le rythme imprimé par les Ineos-Grenadiers d'Egan Bernal provoquait des dégâts. Guillaume Martin (Fra/Cofidis), 3e du général, et Bardet étaient notamment lâchés. Mais dans l'ascension finale, ce sont Roglic et Pogacar qui se montraient les plus forts, Bernal ne pouvant suivre les deux Slovènes. Le vainqueur sortant concédait ainsi 38 secondes. Conséquence au général: Roglic possède désormais 44 secondes d'avance sur Pogacar, nouveau maillot blanc, et 59 sur Bernal.

Samedi, la 14e étape conduira le peloton de Clermont-Ferrand à Lyon sur 194 kilomètres, et "promet une bagarre entre baroudeurs, puncheurs et sprinteurs", selon les organisateurs, avec un parcours urbain de près de 15 kilomètres dans Lyon et trois ascensions: la Côte de la Duchère, la Montée de l'Observance et la Côte de la Croix-Rousse à 5km de l'arrivée.

"Je ne réalise toujours pas"

"Je savais que je pouvais gagner une étape parce que les sensations globales étaient bonnes", a déclaré Daniel Martinez après l'étape. "Je ne réalise toujours pas que j'ai gagné une étape du Tour de France, c'est incroyable. Le début du Tour a été particulièrement dur pour moi. Après la chute que j'ai connue, j'ai beaucoup souffert et je n'étais pas en jambes, c'était douloureux. En revanche mentalement je me sentais bien, je savais que je pouvais gagner une étape parce que les sensations globales étaient bonnes."

"Avant d'aborder la dernière ascension, je me disais que Schachmann était très fort pour les descentes et pour la plaine, mais en pensant que j'allais me battre pour la 2e place, je me suis dit que je n'allais pas me rendre", a commenté Martinez. "J'ai continué à mon rythme et je l'ai rejoint. Ensuite j'ai vu qu'il ne lui restait pas tant de force que ça et comme je me sentais fort, j'ai pris confiance pour battre Kämna au sprint."

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