TOURS Aucun coureur en activité ne présente un palmarès plus fourni qu'Erik Zabel. A 35 ans et treize saisons de professionnalisme, toutes passées au sein de l'équipe Telekom, désormais T-Mobile, le Berlinois a gagné près de deux cents courses.

Cette année pourtant, le compteur de l'Allemand était resté bloqué puisqu'il lui fallut attendre le 1er mai et le GP de Francfort, pour enfin lever les bras en vainqueur. Ajoutez- y un modeste critérium dans son pays et, bien plus important, la victoire d'hier...«Pour moi, qui quitte T-Mobile, elle a une saveur très particulière, je suis très heureux, disait-il, ému, hier. Car c'était aussi la dernière course de Walter Godefroot. Walter a joué un rôle essentiel dans ma carrière et même dans ma vie. On a parfois parlé de choses privées que je n'aurais pas dites à mes propres parents. Il m'a accompagné tout au long de ma carrière, m'a aidé, m'a donné confiance. Mais il a aussi su me remettre les pieds sur terre quand il le fallait ou me relancer dans les moments difficiles.»

Hier, cette 9e victoire dans une classique a mis du temps à venir pour celui qui fut aussi sextuple maillot vert au Tour de France. «J'ai effectué les cinq derniers kilomètres sans le moindre équipier à mes côtés, faisait-il remarquer. Mais je n'ai pas paniqué. Je pensais que nous ne reviendrions pas sur les deux échappés et je dois vous avouer que je me serais contenté de la troisième place...»

L'an prochain, Zabel sera donc l'équipier d'Alessandro Petacchi au sein de l'équipe Milram-Domina Vacanze.

«On attend un conflit entre nous, il n'y en aura pas, dit Zabel. Dans ces temps difficiles et alors qu'il y a la Coupe du Monde de foot qui se joue en Allemagne, un sponsor allemand nous fait confiance. Nous allons honorer cette confiance.»

© Les Sports 2005