L’Amstel Gold Race, dernière des classiques printanières de la Coupe du monde, reste samedi dans les limites des Pays-Bas par mesure de précaution liée à l’épizootie de fièvre aphteuse.

Le territoire belge a été interdit à la course qui a du revoir la partie finale de son parcours, désormais long de 254,6 kilomètres avec départ et arrivée à Maastricht, et prévoir un dispositif de désinfection.

Mais le profil de ses prétendants est resté le même, à savoir un coureur capable de franchir en bonne place l’une des vingt-neuf petites ascensions échelonnées sur les nombreuses boucles dans le Limbourg et, le cas échéant, d’aller vite à l’arrivée.

Au palmarès de la seule classique néerlandaise de la saison se côtoient routiers-sprinteurs (Zabel, Zanini, Museeuw) et puncheurs (Boogerd, Riis). Car l’Amstel Gold Race s’offre à toutes les catégories de coureurs et même aux champions des grands tours, tel l’Américain Lance Armstrong qui a pris l’habitude d’utiliser le rendez-vous de Maastricht pour juger de sa forme (2e en 1999).

Pour sa première course de la Coupe du monde de la saison, Armstrong retrouve un peloton sans véritables repères. Les précédentes classiques ont tourné à la confusion des favoris, timorés et attentistes, et l’équipe numéro un dans les courses d’un jour, la puissante Mapei, a fait chou blanc.

Confronté au risque du déclin, le groupe italien joue gros dans une course qui offre la dernière possibilité de rachat pour la période des classiques. «L’Amstel c’est la course des morts», avait dit en 1998 Michele Bartoli dans l’euphorie de son Liège-Bastogne-Liège victorieux. Trois ans plus tard, le champion d’Italie aimerait ressusciter.

En échec depuis sa victoire dans le Het Volk début mars, Bartoli s’impatiente manifestement. Paolo Bettini, son alter ego, Andrea Tafi et Stefano Zanini, le seul coureur de son pays à avoir gagné la course néerlandaise en 35 éditions, sont dans une situation approchante tout comme les coureurs de Rabobank, la seule équipe néerlandaise de première division.

Pour les hommes au maillot orange, la course de samedi représente l’un des sommets de la saison. Devant leur public, ils disposent de plusieurs possibilités, dans les côtes (Boogerd, Den Bakker), sur le plat (Dekker) ou au sprint (De Jongh). Mais la manoeuvre est loin d’être facile au sein d’un peloton qui multiplie les points d’interrogation (Tchmil, Van Petegem) à l’image de celui posé par le vainqueur sortant, l’Allemand Erik Zabel.

Les hommes en forme de Liège-Bastogne-Liège présentent davantage de garanties. Le Suisse Oscar Camenzind, lauréat de la Doyenne et champion du monde 1998 dans la région, emmène une équipe qui aligne aussi le Belge Frank Vandenbroucke enfin réapparu. L’Italien Davide Rebellin, deuxième dimanche dernier, porte lui aussi les espérances italiennes au même niveau que les coureurs de Giancarlo Ferretti (Baldato, Basso, Petacchi).

L’hypothèse d’un couronnement, enfin, est à retenir. Depuis Bernard Hinault en 1981, aucun champion du monde en titre n’a inscrit son nom au palmarès. Il dépend du Letton Romans Vainsteins, au profil quasi idéal de routier-sprinteur, de mettre fin à la série.