Le Grand Départ de Leeds et du Yorkshire, avec le passage à Londres, ayant déjà été présenté il y a plusieurs mois et de nombreuses informations, comme le retour du Tour en Belgique et des pavés (voir ci-dessous), ayant aussi filtré au gré du temps, c’est plutôt sur le fond du 101e Tour de France, que sur sa forme, dont les grandes lignes étaient plus ou moins connues, que Christian Prudhomme a pu (agréablement) surprendre, hier, en présentant le parcours de la prochaine Grande Boucle dans la grande salle du Palais des Congrès, bondée par les quatre mille invités qui s’y pressaient.

La carte du Tour est une chose, le profil et l’itinéraire de chacune de ses étapes, une autre. Ainsi, on a bien compris une fois encore que le directeur du Tour, désormais assisté de Thierry Gouvenou, lequel prend la place de Jean-François Pescheux, comme directeur de course, veut sans cesse casser le moule en se refusant à faire deux années de suite la même chose. Pour autant, comme en Corse cet été, le Tour ne débutera pas par un prologue mais par une étape en ligne qui fera la convoitise des sprinters et de Cavendish tout particulièrement. Elle n’aura pas non plus, ou par contre, cette 101e édition, de chrono par équipes. Elle n’offrira aucune bonification, ce qui est devenu la norme depuis quelques années, et n’aura surtout qu’un seul contre-la-montre, assez long (54 km), mais placé à la veille de l’arrivée.

"Nous voulions pour une fois faire courir les rouleurs derrière les grimpeurs et non l’inverse", dit Gouvenou.

Trois massifs montagneux au menu

Ce Tour 2014 commémorera à sa manière le début de la Grande Guerre, qui provoqua, avec la Seconde, une des deux seules coupures dans son organisation. Son parcours rendra hommage à ses trois anciens vainqueurs, François Faber, Octave Lapize et Lucien Petit-Breton, décédés entre 1914 et 1918 (ainsi qu’une trentaine d’autres de ses concurrents), notamment en passant par quelques lieux historiques du conflit, Ypres, le Chemin des Dames, Verdun et son ossuaire de Douaumont.

"Bien sûr, les Alpes et les Pyrénées sont incontournables, mais il y aura cette fois clairement un troisième massif montagneux l’an prochain", expliquait Prudhomme en évoquant la part belle faite l’an prochain aux Vosges avec deux étapes dont la première étape sera "extrêmement sélective sur les 30 derniers kilomètres" et la seconde, le 14 juillet, "une vraie étape de montagne jusqu’à la Planche des Belles Filles avec pas moins de six ascensions".

Le passage dans les Alpes sera l’an prochain "allégé", si ce mot convient, car il y aura quand même deux des cinq arrivées en altitude, dans les stations alpines. D’abord à Chamrousse, sur les hauteurs de Grenoble, avec en hors-d’œuvre l’ascension du redoutable col de Palaquit puis, dans les Alpes du Sud, la montée finale vers Risoul, où si le Tour n’est jamais venu, Chris Fromme (en juin dernier au Dauphiné) et Nairo Quintana (au Tour de l’Avenir). Cette fois, et même les sprinters peuvent rêver à huit arrivées massives, les Pyrénées, placées en début de troisième semaine de course, joueront un rôle majeur, notamment l’étape se terminant au Pla d’Adet, à Saint-Lary Soulan. C’est là que Lucien Van Impe y a construit la dernière des dix-huit victoires belges au Tour de France. C’était en 1976…