Après s'être soustraits, en se réfugiant dans leur voiture, à la meute des médias qui tentaient de leur soutirer commentaires et informations sur la ligne de départ, Patrice Clerc, président d'ASO (Amaury Sport Organisation) et Christian Prudhomme, le directeur du Tour, ont répondu aux questions des journalistes, hier en début de soirée, dans la salle de presse installée au Palais des Expositions de Narbonne.

Patrice Clerc a d'abord rappelé les faits avant de donner son sentiment dans un long préambule puis de répondre à quatre ou cinq questions. Voici l'intégralité de ce qu'il a dit :

"C'est évidemment une journée agitée de plus pour le cyclisme. Même si nous continuons à déplorer l'attitude irresponsable de certains, cette stupidité qui consiste à vouloir braver les règles que nous avons fixées, je pense que cette situation n'a rien d'étonnant. On ne peut pas vouloir une chose et son contraire, on ne peut pas vouloir un cyclisme propre et ne pas nettoyer."

"Ce qui s'est passé aujourd'hui, de même que l'exclusion des deux coureurs positifs, n'est que l'illustration de notre détermination sans faille à lutter contre le dopage, une lutte longue, difficile, qui prendra du temps. Ce n'est pas seulement la nôtre. Dans notre pays, l'ensemble des acteurs veulent lutter contre le dopage."

"On n'a pas assez relevé que la France s'était dotée d'une nouvelle loi, qui prévoit que les détenteurs et utilisateurs de produits dopants sont passibles de sanctions pénales. Auparavant, c'était seulement pour les trafiquants. C'est ce qui explique les mises en garde à vue des coureurs déclarés positifs et la mise en examen de Duenas."

"Cette lutte ne peut se faire sans des accrocs. D'un coup de baguette magique, on ne peut transformer le monde du sport et du cyclisme. Mais ce qui se passe montre que l'on se rapproche d'une situation acceptable. C'est une bonne nouvelle pour les coureurs propres."

"Préférez-vous l'attitude bien connue de l'autruche qui met la tête dans le sable pour ne rien voir ? Le vélo a beaucoup péché, il paye aujourd'hui, mais il a pris un virage extrêmement courageux pour se débarrasser de ce fléau. Le message que l'on peut adresser à tous les gens qui aiment le vélo, c'est de comprendre que nous sommes en train de gagner la partie. Quand on fait de la résistance, on ne peut pas adopter la politique de la chaise vide. On a entamé une lutte sans merci, on ne va pas quitter la place."