Cyclisme

"Une île où tout est propre..."

Publié le - Mis à jour le

La question du dopage est un thème de conversation inévitable quand on discute avec des gens importants du monde du cyclisme.

Quelle visions avez-vous du problème du dopage dans le cyclisme?

J-L VDB: Le dopage existe dans tous les milieux professionnels. Mais c'est le cyclisme qui fut le premier sport à instaurer des contrôles urinaires, et il fut le seul pendant de nombreuses années. Après, on vient dire qu'il y a beaucoup de cyclistes qui sont positifs. C'est normal, il n'y avait qu'eux qui étaient contrôlés ! Le CIO a étendu ces pratiques aux autres sports pendant les années 80, mais une réputation était née...

W.G.: Le dopage et la drogue sont des problèmes actuels de la société. Les ministres envisagent de légaliser les drogues dites douces, et à côté de ça, on veut que le cyclisme soit une île où tout le monde est propre et sérieux. Je pense que si quelqu'un se met en danger, il a de toutes façons tort. Avant, l'alcool était considéré comme dopant. Et le gars qui prenait un cognac en fin de course était considéré commme dopé. Ce n'est pas sérieux...

Vous pensez en fait qu'il y a beaucoup de paradoxes dans le traitement du problème?

W.G.: Oui. Il faudrait d'abord écrire des règlements qui tiennent la route, ce qu'on ne parvient pas à faire actuellement. Rien qu'en Belgique, si un coureur est suspendu en Flandre, il pourra courir en Wallonie, et inversément.

J-L VDB: Il faudrait aussi aborder le problème à la source. Quand un jeune doit prendre des vitamines C, il a le choix entre un jus d'orange ou une pilule, un produit naturel et un autre artificiel. Cela peut instaurer un doute dans l'esprit d'un enfant de 8 ou 9 ans. Ce n'est rien une vitamine C, c'est inoffensif. Mais la pastille, pas naturelle, contribue à la création de mauvaises habitudes.

Quelles solutions proposez-vous?

J-L VDB: Si au lieu de sanctionner, on réunissait tous les responsables : ministres, médecins, coureurs, dirigeants, etc. Je pense malheureusement que c'est une utopie, mais cela permettrait de jouer cartes sur table. En revanche, sanctionner, c'est empêcher les gens de parler. On doit combattre le dopage sous toutes ses formes. Il faut que le sport présente des projets solides et sérieux.

W.G.: Où est la limite entre suivi médical et dopage ? C'est important à clarifier pour la santé de l'individu. Surtout avec les nouveaux produits qui arrivent. Il faudrait des contrôles inopinés pour tous les sportifs.

Les évènements et déclarations d'anciens coureurs datant de ces dernières années donnent une mauvaise image du cyclisme.

J-L VDB: Mentheour dit que tous les coureurs se dopent. C'est normal que les gens pensent que le cyclisme est un sale milieu. Il écrit qu'un coureur, avec tout ce qu'il prend, est foutu à 24 ans. Il devrait plutôt prendre les exemples de Tchmil, Bölts et regarder leur carrière. Il devrait tenir compte des retours d'Armstrong et de Museeuw. Quand on parle dopage, Voet et Mentheour sont pris comme références, ils savent tout ! Duclos-Lassale, qui a gagné deux fois Paris-Roubaix à près de 40 ans, a aussi écrit un livre.

{R.}W.G.: Le cyclisme est un sport de l'homme de la rue. C'est pour ça qu'il est tellement faible, il n'a pas de lobby qui le soutient. Je ne comprends pas que certains ministres des sports de gauche ne s'attaquent qu'à un sport d'ouvriers.

Peut-on rassurer les jeunes qui veulent se lancer dans le cyclisme ?

J-L VDB: On peut leur dire que le cyclisme n'est pas malsain. C'est le sport le plus contrôlé. Le matin de Milan - San Remo, il faut normalement se lever à 6h00. Et pour les tests sanguins, on les réveille à 4h45, ce qui perturbe leur préparation.

W.G.: Aucun sport ne protège ses athlètes comme le vélo, et pas seulement dans le domaine du dopage. Tous les documents financiers doivent être déposés chez un réviseur d'entreprises et il faut leur aval pour que l'UCI octroie une licence aux groupes sportifs.

© La Libre Belgique 2001

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