TESSENDERLO t Depuis plus d'une semaine, son nom était sur toutes les lèvres. Celles de tous ceux qui l'attendaient comme le grand favori de ce Championnat de Belgique. Hier, pourtant, sur le circuit urbain de Tessenderlo, Tom Boonen a subi une cuisante défaite. Et a d'ailleurs assisté au sprint de Tom Steels - annoncé comme son grand rival - debout a côté de son vélo, quelques mètres au-delà de la ligne d'arrivée, puisque le peloton des battus - dans lequel il avait passé toute la journée - s'y était arrêté dans l'avant-dernier tour.

«Voilà, c'est Steels qui gagne», s'exclama-t-il devant le parterre de journalistes qui l'avaient assailli, avant d'analyser sa course. «Je ne suis pas extrêmement déçu, confia-t-il. C'est juste un peu dommage que je n'aie jamais pu tenter ma chance, car je n'ai reçu d'aide de personne. Au contraire, j'ai été visé toute la journée. On ne m'a guère laissé la moindre liberté lorsque je me portais à l'offensive, mais on me laissait par contre faire tout le travail derrière. C'était, donc, mission impossible.»

C'est que son adversaire du jour, le sprinter du Crédit Agricole, était en toute grande forme. Et à la différence de l'Anversois, Tom Steels ne manqua pas le bon coup, parti dès avant la mi-course.

«Je n'étais, en effet, pas dans un très grand jour», poursuivit celui qui projette toujours de défier Petacchi d'ici une semaine, sur les routes de la Grande Boucle. «Et je maintiens qu'il sera plus aisé de remporter une étape sur le Tour de France que de s'imposer ici. J'espère bien y prendre ma revanche d'ailleurs. Aujourd'hui, Tom (Steels) a couru en vrai champion. Il a conquis ce maillot tricolore en adoptant une attitude d'attaquant. Et il s'agissait de la meilleure manière de faire. Il mérite amplement ce quatrième sacre, car lui aussi a beaucoup travaillé cette saison.»

Avec seulement six coureurs au départ hier matin, la formation emmenée par Wilfried Peeters a néanmoins réalisé une course honorable, en plaçant notamment les Amorison, Vanthourenhout, Hulsmans et autre Cretskens à l'avant. De quoi donner un peu plus de regrets, sans doute, au grand battu du jour.

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