Depuis l'interpellation dimanche de l'épouse de Raimondas Rumsas, deux questions se posent: le coureur s'est-il dopé, et si oui, comment a-t-il pu passer à travers des contrôles antidopage tous revenus négatifs? Les dirigeants du Laboratoire national de dépistage du dopage (LNDD) de Châtenay-Malabry se gardent bien de répondre à la première question. Mais pour la seconde, ils ont la réponse, toute simple: `Les tests de dépistage de l'EPO ont été négatifs parce qu'ils ont été mal utilisés´, a expliqué mardi le Dr Françoise Lasne, inventeur, avec le Pr Jacques de Ceaurriz du test permettant de distinguer l'EPO naturelle de l'EPO `additionnelle´.

Ce test se heurte à la `science´ des coureurs: sachant qu'il faut dix jours pour fabriquer des globules rouges, que ceux-ci vivent entre 60 et 130 jours et que la `fenêtre de détection´ du test est de 4 à 7 jours après la piqûre, il n'y a pas besoin d'être très malin pour comprendre qu'il suffit, pour rester négatif, d'arrêter toute prise d'EPO une semaine avant le premier tour de roue.

Cinq sortes d'EPO

L'EPO (érythropoïetine) est une hormone qui stimule la production de nouveaux globules rouges. Secrétée naturellement par les reins et le foie, l'EPO est aussi fabriquée par génie génétique afin de soigner des maladies rénales et certaines anémies. Sa forme synthétique est utilisée dans les sports d'endurance, comme le cyclisme, car elle donne un coup de fouet à la production d'oxygène vers les muscles et permet de les faire travailler plus longtemps.

A ce jour, il existe cinq formes d'EPO. Les EPO alpha et bêta, les plus anciennes, avec lesquelles le test a été mis au point, et trois autres: l'oméga, la NESP et la delta aussi appelée dynépo qui n'a jamais été testée. `L'EPO delta est fabriquée à partir de cellules humaines et devrait donc être indétectable´, ajoute-t-elle.

A l'exception de thérapie génique, qui consisterait à bricoler un gène pour lui faire produire du muscle ou de l'EPO naturelle, la course aux dopants semble marquer le pas.

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