Un peu crispé au début de son intervention, devant une grande majorité de journalistes de son pays, Thomas Voeckler a redit qu’il ne gagnerait pas le Tour de France 2011.

Comme la veille à l’arrivée à Montpellier, celui qui porte le maillot jaune depuis neuf jours maintenant (dont deux journées de repos), s’est défendu d’envisager la victoire. "Tout le monde en parle", a reconnu Thomas Voeckler. "C’est prématuré, mais, à force, je me demande si c’est moi qui aie raison de ne m’accorder aucune chance ou si c’est vous qui faites bien de penser que je vais gagner. Depuis mon premier maillot jaune en 2004, je sais comment ça marche et ça fait du bien aux Français de penser qu’un Français peut gagner "

Car le protégé de Jean-René Bernaudeau sait que le plus difficile reste à faire. "Je ne suis pas là pour gagner le Tour . On arrive dans les Alpes et c’est le moment important de ceux qui sont là pour le gagner. Je n’ai aucune obligation sinon une obligation morale envers mes équipiers qui donnent tout, de donner tout moi-même jusqu’au bout de ma souffrance. Et quand ça marchera plus, ça ne marchera plus. Si je perds le maillot demain (NdlR : dans les prochains jours), cela ne m’empêchera pas d’être tranquille lundi avec ma femme et mes enfants."

Pourtant, l’ancien champion de France se sent fort. "C’est la première fois que j’ai d’aussi bonnes jambes, c’est la meilleure forme de ma carrière", reconnaît le leader du Tour, qui avoue aussi que toute l’agitation qui règne autour de lui depuis plus d’une semaine et va crescendo au fur et à mesure de ses performances lui pèse. "Je mentirais si je disais que je prends du plaisir à toutes ces sollicitations. Je ne recherche pas une image et de la popularité de cette manière mais c’est un passage obligé. Il faut savoir doser. Je préférerais être tranquille mais on ne peut pas tout avoir."

De même, on sent Thomas Voeckler un peu vexé par certains commentaires. "Il y a le groupe des grands pour le général et je ne me sens pas proche de ça, dit-il. Je les salue, je les croise, on se dit deux-trois mots courtois et voilà. D’ailleurs, je ne sais pas si je les inquiète. On me parle de l’inquiétude des grands donc je ne le suis pas. Et s’ils sont grands et moi petit, ils n’ont pas de quoi être inquiets. Je ne joue pas dans leur cour et je ne me sens pas concerné par leur course. Je peux dire qu’Andy Schleck est le plus fort, ses attaques sont tranchantes mais je n’ai pas vu Contador. Il n’est pas battu mais a un gros déficit à combler Pour moi, c’est Evans qui a la clé, il est plus fort contre-la-montre."