Wouter Weylandt: Persévérance et dévotion
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Cyclisme

Wouter Weylandt: Persévérance et dévotion

Julien Lepeer

Publié le - Mis à jour le

Portrait

C’est sur les terres de l’un de ses plus hauts faits d’armes que Wouter Weylandt nous a quittés. Celui qui a endossé plus qu’à son tour le costume d’équipier modèle n’a pas accumulé les trophées. Mais sa victoire d’étape dans le Giro 2010, il l’aura savourée, comme celle dans la Vuelta 2008. Aboutissements d’années de travail, à l’entraînement et pour les autres, ces succès sont venus saluer sa persévérance.

Une persévérance sans laquelle il n’aurait sans doute jamais réussi à convaincre ses parents, réticents à l’idée de voir leur fils se lancer dans le milieu du cyclisme. S’ils lui ont permis très tôt de goûter aux joies du sport, ils ne s’imaginaient sans doute pas que son inscription au club d’athlétisme allait le mener petit à petit vers la "petite reine". Course a pied, puis duathlon, avant de passer au triathlon, ça y est, le jeune Wouter s’est mis en selle. Et le virus de la pédale ne le lâchera plus. Vers l’âge de quinze ans, le Gantois parvient enfin à convaincre ceux qui deviendront ses premiers supporters.

Une persévérance sans laquelle il aurait pu rapidement jeter l’éponge après ses courses initiales. Alors qu’il ne s’était pas préparé avant la saison, il était contraint d’emblée à l’abandon, victime d’un ennui mécanique pour sa "grande première" et d’une chute collective pour son deuxième essai. Mais à force de courage et d’entraînements, le Flandrien se fait remarquer et signe en 2006 un contrat chez Quick Step. C’est au sein de l’équipe belge que Weylandt va se mettre au service de Tom Boonen. Rampe de lancement du sprinter, c’est aussi dans cet exercice de vitesse qu’il va s’illustrer et signer ses plus belles performances. Après une année d’adaptation, les premiers résultats probants se dessinent avec en point d’orgue, sa victoire d’étape à l’Eneco Tour, une épreuve du Pro Tour.

Alors qu’il effectue ses débuts dans un grand tour fin 2008, avec l’objectif de porter Tom Boonen vers le plus de succès possibles dans la Vuelta, Weylandt profite de l’abandon de son leader pour s’offrir un triomphe de prestige, lors de la 17e étape. Cette année-là aussi, il avait signé une excellente 3e place à Gand-Wevelgem.

Moins prestigieux mais nettement plus symbolique, son succès au GP Samyn lui a permis de rendre hommage à Frederik Nolf. Quelques semaines plus tôt, le jeune coureur était décédé dans son sommeil et, submergé par une intense émotion, Wouter Weylandt avait fondu en larmes dès la ligne d’arrivée franchie.

Critiqué ensuite pour des résultats jugés insuffisants, il remportera donc en 2010 une étape du Giro avant de quitter la formation Quick Step et de rejoindre l’équipe bâtie autour des frères Schleck. Lundi, dans les lacets de Passo del Bocco, Wouter Weylandt a connu une fin abrupte. Le risque d’un métier que le coureur belge avait tout fait pour embrasser.

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