UCCLE Alors que tout le monde parle d'une saison ratée d'Anderlecht, Constant Vanden Stock tient à positiver le bilan général: «Il y a deux façons de voir les choses. D'un côté, quelque chose clochait entre les lignes. On était trop juste, certains joueurs ne pouvaient pas être blessés. D'un autre côté, nous avons tout misé sur nos jeunes. Il faut oser le faire, jouer la Ligue des Champions avec une moitié d'équipe qui a moins de 20 ans. Le 0 sur 18 est le prix à payer. C'est malheureux, mais il fallait choisir. Je ne tiens pas à faire des dettes. La commune ne nous donne pas un cent, et nous devons payer 750.000€ de taxes par an. D'ailleurs, ne vous attendez pas à des miracles en Coupe d'Europe la saison prochaine. Si nous devons être champions en 2006? Non, mais il faudra jouer un meilleur football.»

Vanden Stock ne cache pas sa déception quant à certains, alors que d'autres reçoivent des éloges.

«Les gardiens ont perdu le titre»

«En partie, je suis d'accord avec ceux qui disent qu'on a perdu le titre à cause des gardiens. Un portier fait de temps en temps une boulette, comme un joueur de champ. Mais il y a eu des buts qu'on ne pouvait pas encaisser. Si on n'avait pas perdu des points dans ces deux derniers matches (NdlR: Westerlo et Bruges), on aurait été champion. Si Van Steenberghe aurait dû jouer à Bruges? Il était le plus régulier. Quand je pense à ce ballon qu'un de nos autres gardiens à laisser passer entre ses jambes...»

«Aruna a trop dribblé»

«Aruna nous a rendu service parce que nous n'avions pas grand monde devant, mais ce qu'il faisait, prendre la balle et dribbler jusqu'à ce qu'on la lui enlève parce qu'il n'avait pas envie de la donner, je n'admets pas. Ça, ça va compter dans sa carrière.»

«Jestrovic n'est pas Mulder»

«Jestrovic? Il est meilleur buteur de D 1 malgré sa blessure, mais on a eu d'autres centres-avants au Sporting. Mulder, pour ne citer que celui-là. D'accord, Jestrovic est un tueur dans les 16 mètres, mais il n'amène pas grand-chose pour les autres.»

«Baseggio? On tient un café...»

«On se demande ce qui cloche avec Baseggio. Il ne peut pas se plaindre de l'argent, il est un des mieux payés. Il ne trouve plus son chemin. Il ne fait que jouer en retrait, ne prend plus d'initiative. Et surtout: on tient un café, hein. Ça ne vaut rien, ça! Dès que Scifo a ouvert son restaurant, il était fini comme footballeur. Même le meilleur ne sait pas combiner deux choses. Walter ne comprend pas ce qu'on demande de lui. Il ne fait aucun effort, parce qu'il s'en fiche.»

«Kompany?

Moins bon après les réceptions»

«Kompany le meilleur Anderlech tois de l'histoire? Je ne sais pas. J'ai eu Van Himst, Coeck, Scifo, Rensenbrink... Vincent est le plus grand talent qu'on a, mais il m'a déjà montré des choses qui me déplaisent. Depuis les réceptions après le Soulier d'Or, il a moins bien joué. Aruna avait aussi eu la blague. C'est normal: même quand nous, qui ne devons pas jouer, allons à des réceptions, nous sortons avec une tête comme ça. Ces derniers mois, on a exagéré en le mettant sur un piédestal. Il faut rester mesuré . C'est à ce moment de leur carrière que beaucoup se noient. Mais Vincent est aussi très intelligent, la nature lui a tout donné. Il fait même ses examens. Ça, Van Himst ne l'a pas fait!» (Rires.)

«Déçu de la réaction

de Wilhelmsson!»

«Wilhelmsson, c'est un joueur typique pour Anderlecht. C'est moi qui l'ai dit en le voyant marquer avec Stabaek, une équipe de D 3, contre Anderlecht. Mais je n'aurais pas pensé qu'il aurait déclaré qu'il voulait partir. Les joueurs actuels, ils n'ont que ça dans la tête.»

© Les Sports 2005