i les Belges sont favorables à l’organisation de la Coupe du monde, ils renâclent pourtant à en payer la facture: ils sont ainsi 70% à déclarer que leurs impôts ne doivent pas servir à financer cet événement. Il est vrai que les dépenses seront financées par la collectivité alors que les retombées économiques sont très ciblées (construction, hôtellerie, horeca, distribution).

Une Coupe du monde, c’est vrai, cela coûte cher. Il faut construire de nouveaux stades, assurer la sécurité... Selon une estimation du Bureau du plan, le coût sera de 12 euros par habitant. Un tel événement n’est cependant pas un puits sans fond: les équipes et leurs supporters présents pour l’événement dépenseront aussi pas mal d’argent. Au final, la Coupe du monde devrait se solder par un solde positif de quelques dizaines de millions.

Les coûts? Qui dit Coupe du monde, dit stades de football. La Belgique devrait en construire de nouveaux. Les estimations vont du simple – 500 millions – au double – 1 milliard d’euros. L’équipe du Bureau du plan, qui a sorti une étude à ce sujet au printemps dernier, évoque le bas de la fourchette. “Que la Belgique organise ou non la Coupe du monde, le Standard de Liège devra construire un nouveau stade. C’est pourquoi, selon nous, le coût d’un tel stade imputable à la Coupe du monde est de 0 euro”, explique Didier Baudewyns, l’un des auteurs de l’étude.

Il y a aussi des coûts, non négligeables, de sécurité. Le bureau du plan évoque la coquette somme de 150 millions d’euros, y compris le coût de la sécurité locale.

L’infrastructure ne devrait pas, pour sa part, nécessiter de gros investissements. Mais si tel était le cas, il ne faut pas oublier que le bénéfice ne se limiterait pas à la seule Coupe du monde mais pourrait profiter aux Belges pendant plusieurs décennies.

La facture coût s’élève donc à quelque 640 millions d’euros pour la Belgique selon le Bureau du plan, contre 726 millions d’euros pour les Pays-Bas.

Il y aura, aussi, pas mal de recettes, pour un montant de 512 millions.

Les équipes installées en Belgique et les supporters vont bien entendu consommer. Le nombre total des membres des délégations sera de 24 000 personnes (joueurs, encadrement, journalistes...), dont 12 000 devraient résider en Belgique. Les retombées positives seraient de l’ordre de 91 millions d’euros. Le Bureau du Plan estime en effet que les représentants des médias dépenseront en moyenne entre 260 à 390 euros par jour en frais de séjour. Pour les délégations proprement dites, la fourchette va de 310 à 560 euros.

Les supporters, au sens large, devraient pour leur part dépenser quelque 318 millions, selon la moyenne de la fourchette de l’estimation du Bureau du Plan.

Il y aura tout d’abord les 185 millions d’euros dépensés par les supporters qui assisteront aux différents matchs (le prix des tickets, lui, va dans la poche de la Fifa), que ce soit en frais d’hôtel, de restauration et de boisson. Quelque 120 millions d’euros seront également dépensés par les supporters qui feront la fête devant les écrans géants disposés de-ci, de-là (un phénomène qui avait été important en Allemagne). Les supporters qui effectueront des allers-retours sur la journée devraient quant à eux dépenser 12 millions d’euros.

Le tout est de savoir si la présence de “hordes” de supporters n’aura pas d’effet pervers et ne dissuadera pas d’autres touristes potentiels, qui préfèreront éviter la Grand-Place de Bruxelles ou le beffroi de Bruges en pleine Coupe du monde. Didier Baudewyns n’y croit pas car il table sur un taux d’occupation de 100  % de l’infrastructure économique belge.

De tels évenements ont un impact positif sur l’économie et se soldent par un bénéfice”, estime pour sa part Philippe Ledent, économiste chez ING. L’aspect financier n’est toutefois pas le seul à prendre en compte: l’organisation d’un tel événement pourrait avoir un impact positif sur la confiance des consommateurs et offrir une belle vitrine pour la Belgique.

Reste que le plus bel impact d’une Coupe du monde est... une victoire de la Coupe du monde. L’horeca mais aussi la distribution – les supporters organisent des soirées à la maison – en profitent pleinement. “Et cela sans qu’il y ait la moindre facture au départ”, relève Philippe Ledent. Il y a sans doute encore moins de chances de voir la Belgique gagner la Coupe du monde que de l’organiser...