Le Standard crée l'exploit à Bochum

Les Rouches ont donc forgé un exploit qui semblait inimaginable. En partageant l'enjeu dans les dernières secondes de jeu, ils sont parvenus à obtenir une qualification amplement méritée... Comme prévu, Dominique D'Onofrio avait décidé de renforcer sa ligne médiane en positionnant deux demis défensifs (Geraerts-Curbelo) entourés des rentrants Walasiak et Vandooren pour alimenter Conceiço et Tchite à la pointe de leur attaque. Même si Bochum déplorait l'absence de certains de ses pions offensifs essentiels (Madsen et Diabang), leurs remplaçants posèrent de nombreux problèmes aux Rouches.

FRÉDÉRIC DE BIOLLEY
Le Standard crée l'exploit à Bochum
©EPA

Les Rouches ont donc forgé un exploit qui semblait inimaginable. En partageant l'enjeu dans les dernières secondes de jeu, ils sont parvenus à obtenir une qualification amplement méritée... Comme prévu, Dominique D'Onofrio avait décidé de renforcer sa ligne médiane en positionnant deux demis défensifs (Geraerts-Curbelo) entourés des rentrants Walasiak et Vandooren pour alimenter Conceiço et Tchite à la pointe de leur attaque. Même si Bochum déplorait l'absence de certains de ses pions offensifs essentiels (Madsen et Diabang), leurs remplaçants posèrent de nombreux problèmes aux Rouches. Et sans la vigilance de Vedran Runje qui se détendit de tout son long pour détourner une tentative de Bechmann intronisé sur le flanc droit, les Allemands auraient mené à la marque après dix minutes de jeu seulement. Ce furent d'ailleurs par les côtés et sur phases arrêtées que Bochum se montra le plus menaçant. Mais les Germaniques furent régulièrement contrariés par des Liégeois solidement organisés dans leur axe défensif où Onyewu, impérial, et Dragutinovic dominèrent le trafic aérien.

Les Rouches eurent, en effet, l'occasion de déflorer la marque à de nombreuses reprises lorsque Conceiço isola parfaitement Tchite qui se déporta trop vers le 1er poteau et qui plaça le ballon à côté de l'objectif. Que dire alors du tir trop décroisé de Walasiak à l'entrée du grand rectangle ou du heading plongeant de Geraerts consécutif à un service millimètré de Tchite?

Coup du sort et délivrance

Mais Dominique D'Onofrio avait eu raison d'alerter ses joueurs sur le danger que représentaient les phases arrêtées allemandes. A quelques secondes du repos, l'intervention fautive de Dragutinovic aux abords du grand rectangle fut sanctionnée d'un coup franc que Wosz botta vers le 2e poteau où surgit Maltritz, venu de la seconde ligne, pour catapulter de son front le ballon dans le but de Runje. Les Rouches ne méritaient pas ce cruel coup du sort survenu au plus mauvais moment de la rencontre. Mais, en Coupe d'Europe, on ne peut se permettre de galvauder autant d'occasions de but. Les Liégeois en firent le cruel constat...

Un seul but suffisait à qualifier les Standardmen. Il aurait d'ailleurs dû tomber mais Onyewu et Curbelo manquèrent d'adresse et de lucidité dans l'exécution du dernier geste. Il tomba dans les arrêts de jeu. W. Curbelo, à peine, entré au jeu propulsait le Standard au 2e tour de la Coupe d'Europe. Les poules s'ouvraient méritoirement aux Liégeois...

VFL BOCHUM (ALL) 1 STANDARD 1

BOCHUM: van Duijnhoven; Colding, Kalla, Knavs, Bönig (90+2 Meichelbeck); Maltritz, Zdebel; Bechmann (83e Edu), Wosz (85e Misimovic), Preuss; Lokvenc.

STANDARD: Runje; Deflandre, Onyewu, Dragutinovic, Léonard; Walasiak (77e Niemi), Geraerts (85e W. Curbelo), J. Curbelo, Vandooren (81e Mumlek); Conceiço, Tchite.

ARBITRE: M. Kasnaferis (Grè).

AVERTISSEMENTS: Léonard, Kalla, J. Curbelo, Deflandre.

LES BUTS: 45+1 Maltritz (1-0), 90+1 W. Curbelo (1-1).

© Les Sports 2004


«On a tout donné, jusqu'au bout» Le changement tactique opéré par Dominique D'Onofrio s'est avéré déterminant. Les supporters entonnaient leurs traditionnels chants de victoire dans un stade rapidement déserté par un public local au bord de la dépression, que les joueurs savouraient seulement les bulles de la victoire. Gonzague Vandooren, la glace sur une cheville endolorie, faisait la grimace. Il manquera sans doute ses retrouvailles avec ses anciens partenaires mouscronnois. «Avec ce but, les joueurs sentiront moins la fatigue» se rassurait le directeur sportif Michel Preud'homme. «Je suis content pour Dominique dont le repositionnement d'Onyewu en pointe avec la montée de Wiston Curbelo s'est finalement avéré déterminant.» Dragutinovic, impérial dans l'axe défensif avec Onyewu, avait directement une pensée pour ses supporters qui ont une nouvelle fois porté leur équipe jusqu'à la délivrance. «J'ai même déjà reçu des messages de certains qui n'avaient pu effectuer le déplacement. On a tout donné. Jusqu'au bout. Alors que je suis persuadé que Bochum pensait être qualifié. Un match dure plus de nonante minutes. Nous sommes bien placés pour le vérifier.» Juan Ramon Curbelo, le frère du héros du jour, savourait avec retenue, mais une grande fierté le but de Pato. «C'est formidable pour lui, mais il ne faudrait pas oublier les mérites de toute une équipe. Nous avons eu bien avant de nombreuses possibilités d'inscrire un but. Après toutes ces occasions manquées, j'ai bien cru que ce n'était pas notre jour. Que la chance allait une nouvelle fois nous bouder. Heureusement, il n'en est rien.» Lancé dans l'ultime bataille par Dominique D'Onofrio, Wiston Pato Curbelo ne manqua pas d'apporter toute sa rage ses nouvelles couleurs. «C'est assez incroyable, confiait le héros du jour. Si j'ai marqué huit ou neuf buts en Uruguay, jamais un seul n'a eu une telle importance. Les premières images qui me sont venues à l'esprit après ce but, c'était ces supporters devant moi, qui nous avaient soutenus tout le match.» Ce pur droitier défensif inscrivit d'un geste d'instinct un but qui vaudra son pesant d'or. «Je n'ai rien regardé. J'ai tout donné.» Il n'y aura pas de fête en famille car Mouscron, c'est déjà dimanche. «En effet, pas question de fête, ni pour moi, ni pour mes coéquipiers, car nous voulons être au top. Pour ma part, si je sais que la concurrence sera rude avec Onyewu dans l'axe défensif, je suis là pour apprendre et saisir toutes les opportunités que l'entraîneur m'offrira.»

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