«L'arbitre a dit de jouer...»

J.-F. P.

CHARLEROI Comme cela avait été le cas l'autre fois au stade Edmond Machtens quand il avait inscrit son tout premier but en D 1, le jeune attaquant liégeois du Sporting était le plus entouré à l'issue du match. Il devait expliquer la genèse d'un des buts les plus... stupides que peut concéder un gardien de but mais aussi cette illumination qui l'avait érigé en artisan de ce petit coup de génie: «J'avais entendu l'arbitre exhorter le gardien de Roulers à dégager le ballon. M. Verbist ne cessait de crier à Jurgen Sierens qu'il devait jouer rapidement. J'ai vite compris que celui-ci n'avait pas repris ses idées. Dès lors, j'ai obtempéré à l'injonction de l'arbitre et j'ai foncé sur le ballon.»

Un réflexe quand même assez extraordinaire que celui-là: «Un attaquant ne peut jamais relâcher sa vigilance. Il doit toujours se tenir aux aguets de la moindre opportunité car celle-ci peut se présenter à lui à n'importe quel moment d'un match.»

François Sterchele a reçu une sorte de feu vert de la part de l'arbitre qui a libéré ses instincts de buteur en tentant de faire revenir Jurgen Sierens à la réalité. Celui-ci était forcément secoué: «Heureusement que je suis entouré d'équipiers formidables qui m'ont tous réconforté pendant le repos. J'étais convaincu que j'étais en train de botter un coup franc et je ne suis pas inquiété de l'attitude de M. Verbist dont je n'entendais pas les propos. Je croyais qu'il me disait de dégager sans traîner et de ne pas gagner du temps.»

Kere et Laquait aussi

Toujours est-il que Sterchele et Sierens ont nourri une sorte de légende qui veut que le Mambourg soit parfois le théâtre de buts pour le moins particuliers. On se souvient ainsi de Kere qui, il y a quelques années lors d'un match pourri pour le Sporting, avait marqué par dépit contre son camp dans le but vide parce qu'il avait cru entendre un coup de sifflet de l'arbitre annulant l'action. Ce geste avait été répercuté par bon nombre de télévisions européennes.

Et qui ne se rappelle pas le but concédé par Tristan Peersman, il y a un an, lorsque le gardien anderlechtois laissa filer entre ses jambes un coup franc de Laurent Macquet?

On n'a pas oublié non plus -même si le Sporting ne l'a pas fêté au Mambourg - le but de Laquait qui transforma directement un de ses dégagements, en décembre 2003, à Mons.

© Les Sports 2005