Wilmots place la barre aux huitièmes de finale

Pour la première fois, Marc Wilmots évoque le tirage au sort de vendredi et ses ambitions pour l’été prochain.

Entretien>B. Delhauteur, C. Franken, M. Dubois et Y. Taildeman
Wilmots place la barre aux huitièmes de finale
©Demoulin Bernard

Le tirage au sort de la Coupe du Monde, c’est déjà ce vendredi. Les Diables rouges seront dans les boules et Marc Wilmots dans la salle. Avant de s’envoler pour le Brésil, le sélectionneur national a accordé un long entretien à nos confrères de la "Dernière heure" où il évoque ouvertement ses ambitions pour la première fois.

Attendez-vous un cadeau de saint Nicolas au tirage de vendredi? 


Non, je n’attends aucun cadeau de la part du grand Saint. Une Coupe du monde, c’est simple : tu as trente-deux équipes qui espèrent franchir le cap de la phase de poules. Tout le monde va se battre comme des morts de faim. Moi, à chaque fois que j’ai un Mondial, je finissais le match avec des crampes. Je ne m’attends pas à autre chose cette fois-ci. 

Le tirage au sort sera quand même très important. Tirer la Grèce ou l’Italie dans le pot des Européens, ce n’est quand même pas la même chose! 

Je préfère encore prendre un gros. Tu crois que la Grèce est facile à jouer ? C’est une très bonne équipe qui a l’habitude des grands tournois. Quand tu joues contre les meilleures nations, tu les connais bien et tu sais à quoi t’attendre. Mais une chose est sûre : les autres ne seront pas contents non plus de tomber contre nous. Après, ce sera la réalité des matches. 

N’y a-t-il quand même pas une équipe que vous voudriez éviter? 

Si, il y en a une : le Chili. C’est vraiment très fort, au niveau de la Colombie selon moi. Un gros collectif avec quelques joueurs d’exception comme Vidal (Juventus) et Sanchez (Barcelone). Et puis ces équipes d’Amérique du Sud osent rentrer dans le lard. Mes joueurs avaient des bleus partout après le match face aux Colombiens. On ne doit pas être trop gentil. Attention, cela reste correct, mais il ne faut pas se laisser faire. Grâce à ce match amical, on sait à quoi s’attendre. Si on ne l’avait pas fait, on se serait fait surprendre au Mondial." 

Notre statut de tête de série dérange pas mal d’autres nations qui trouvent ça injuste. Les comprenez-vous? 

Si les autres râlent, ils n’ont qu’à aller se plaindre à la Fifa. Le règlement est comme ça. Nous, on a fait tout ce qu’il fallait faire sur le terrain. Mais finalement, être tête de série ou dans le pot 4, ça revient au même. T’es tête de série, tu évites le Brésil mais tu te tapes le Chili, quelle est la différence ? 

Cela permet quand même d’éviter l’Espagne et l’Allemagne, les deux grands favoris de ce tournoi. 

Là, je suis d’accord avec toi. C’est déjà une bonne chose. Ce sont les deux plus grosses nations. Deux pays qui s’appuient sur deux clubs à chaque fois. Le Barça et le Real pour l’Espagne, le Bayern et Dortmund pour l’Allemagne. Ces joueurs sont habitués à jouer ensemble. Les autres pays ont des joueurs de tous les côtés. 

Quel est votre objectif à vous au Brésil? 

C’est très simple : les huitièmes de finale. Le plus dur, c’est de sortir des poules. Après, tout est possible sur un match. Souvenez-vous de Platt en 90, de l’Allemagne en 94 et du Brésil en 2002. Cela se joue à quoi ? Un détail, rien de plus. Ce n’est pas ça qui va définir le niveau de mon équipe. 

Les supporters sont souvent bien plus ambitieux. Cela ne vous fait pas peur? 

Moi, ce qui m’intéresse, c’est que mes joueurs soient en forme et avec le bon état d’esprit. Si c’est le cas, on sera alors difficile à jouer. Je ne dis pas qu’on sera champion du monde mais on embêtera les autres.


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