Euro 2016: l'UEFA menace l'Angleterre et la Russie de disqualification

Des incidents ont éclaté en tribunes au coup de sifflet final du match Angleterre-Russie (1-1).

Euro 2016: l'UEFA menace l'Angleterre et la Russie de disqualification
©Reporters
AFP et Belga

L'UEFA, qui gère l'Euro-2016, a menacé dimanche l'Angleterre et la Russie de "disqualification" du tournoi "en cas de nouvelles violences" de leurs supporters, après les incidents de samedi à Marseille, avant et à la fin de Angleterre-Russie (1-1).

"Nous demandons aux fédérations anglaise et russe d'appeler leurs supporters à se comporter de façon responsable et respecteuse", indique le comité exécutif de l'UEFA, gouvernement du football européen, dans un communiqué.

L'UEFA, instance du football qui gère l'Euro-2016, a ouvert dimanche une procédure disciplinaire contre la fédération de Russie pour les incidents impliquant ses supporters au Stade Vélodrome de Marseille à la fin du match contre l'Angleterre (1-1). Il est reproché aux Russes des "perturbations" dans les tribunes, un "comportement raciste" et le lancer de "fumigènes". L'instance disciplinaire de l'UEFA examinera ce dossier le 14 juin.

L'UEFA ne gère que les incidents dans les stades, ce qui se déroule en dehors de ceux-ci relève des autorités du pays hôte.

L'UEFA avait déjà "fermement condamné" samedi les "actes de violences" à Marseille, perpétrés par des "gens qui n'ont rien à faire dans le football". Lors de précédents Euros, l'UEFA avait menacé de sanctionner l'Angleterre (2000) et la Russie (2012) après des violences impliquant leurs supporters.

La Russie sera le pays hôte du Mondial-2018. Le ministre russe des Sports Vitali Moutko a dénoncé dimanche à l'agence russe R-Sport, le "mauvais comportement" des supporters russes à la fin de la rencontre entre la Russie et l'Angleterre samedi à Marseille (1-1).


La Fédération anglaise prend la menace de l'UEFA très au "sérieux"

La Fédération anglaise (FA) prend "avec le plus grand sérieux" la menace de l'UEFA de disqualifier sa sélection de l'Euro-2016 en cas de nouvelles violences de ses supporters, a déclaré dimanche son directeur général Martin Glenn.

"Nous comprenons les implications potentielle des actions de nos supporters et acceptons totalement que la FA doive faire tout son possible pour les exhorter à agir de manière responsable et positive", a déclaré Glenn, au lendemain des violences au stade et en ville à Marseille entre supporters anglais et russes.

"Des scènes violentes comme celles observées ce week-end à Marseille n'ont pas leur place dans le football, ni dans le reste de la société. Nous voulons que les gens - les supporters et les habitants - se sentent en sécurité, que l'Euro se déroule dans une atmosphère de fête et nous continuerons à travailler étroitement avec les autorités compétentes pour y arriver", a-t-il ajouté.



"Vigilance renforcée" pour Turquie-Croatie, plus de 1.500 policiers déployés

Plus de 1.500 policiers ont été déployés dimanche à Paris pour le match de l'Euro-2016 Turquie-Croatie, considéré comme à risque, au lendemain des affrontements entre supporters à Marseille (sud), a annoncé la police.

"Ce match considéré comme à risque faisait déjà l'objet d'un dispositif de sécurité conséquent mais après les affrontements à Marseille, les consignes de vigilance ont été renforcées", a déclaré à l'AFP la porte-parole de la préfecture de police, Johanna Primevert.

Les 1.500 membres des forces de l'ordre déployés sont "dédiés à la sécurisation du Parc des Princes (sud-ouest de Paris) et de la fan zone" située sur le Champ-de-Mars, au pied de la Tour Eiffel.

"Il y aura une séparation des flux de supporters pour éviter tout incident et des +spotters+ (observateurs issus des polices turque et croate, ndlr) sont déjà positionnés au Parc des Princes et ce jusqu'à la fin du match", a précisé Mme Primevert, qui n'avait relevé aucun incident à 12H30 (10H30 GMT).

Avec le match Angleterre-Russie à Marseille (sud), en marge duquel de violents affrontements ont eu lieu samedi, Turquie-Croatie au Parc des Princes (groupe D, dimanche à 13H00 GMT), est l'un des cinq matchs de l'Euro classés 3 sur une échelle de risques qui compte quatre niveaux.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet, a pour sa part précisé que "beaucoup de ceux qui se sont livrés aux affrontements" samedi à Marseille "n'avaient pas été signalés par les services de police étrangers".

"Manifestement ceux qui se sont livrés aux actes de violence n'étaient pas connus des services de sécurité de leur pays et donc la France n'a pas pu prendre d'interdictions d'entrée sur le territoire à leur encontre", a-t-il dit.

"Dans un contexte de forte alcoolisation hier, ils se sont livrés à ce que certains sociologues appellent du hooliganisme de circonstance", a estimé M. Brandet.

Dix personnes - des Anglais, un Autrichien, un Allemand, des Français et des Russes - étaient en garde à vue dimanche à Marseille après ces violences qui ont fait une trentaine de blessés, dont quatre graves de nationalité britannique. Le plus grièvement atteint, touché à la barre de fer aux abords du Vieux-Port, "est toujours dans un état préoccupant", a indiqué le porte-parole de l'Intérieur.