La Grèce demande à la Macédoine du Nord de modifier son maillot

La Grèce a demandé à la Macédoine du Nord de modifier le maillot de son équipe participant à l'Euro de football, car il contrevient selon Athènes à un accord entre les deux pays au sujet de l'utilisation de la dénomination "Macédoine" par Skopje.

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© AFP
Belga

Le différend est relatif aux initiales FFM (Fédération de football de Macédoine) présentes sur la tunique des Nord-Macédoniens, qui ne respectent par l'accord de Prespes, signé il y a presque trois ans jour pour jour, argumente Athènes.

Dans ce texte, qui fait office de traité entre les deux pays, Skopje s'est engagé à se définir comme "Macédoine du nord", quand Athènes refusait que son voisin s'appelle uniquement Macédoine, au motif qu'une des ses provinces septentrionales, berceau d'Alexandre le Grand, porte le même nom.

La querelle datait de l'éclatement de l'ex-Yougoslavie en 1991, qui avait abouti à la création de plusieurs Etats, dont la Macédoine. Celle-ci avait été admise à l'ONU en 1993 sous le nom provisoire d'ARYM (ancienne République yougoslave de Macédoine), mais plus de 140 pays, dont la Russie et les États-Unis, avaient reconnu le pays sous le nom de "République de Macédoine".

Les initiales présentes sur le maillot de foot "ne peuvent pas être acceptées", a estimé le ministre grec des Affaires étrangères Nikos Dendias dans une lettre envoyée le week-end dernier à son homologue de Macédoine du Nord Bujar Osmani, selon l'agence de presse publique grecque ANA.

Elles doivent être modifiées pour "maintenir une dynamique positive", a-t-il affirmé.

L'accord de Prespes, ratifié le 17 juin 2018, ne couvre que les institutions financées par l'État, ce que la Fédération de football n'est pas, a objecté Bujar Osmani. "Tant que la FFM ne reçoit pas d'argent de l'État, elle n'a pas l'obligation d'adapter son nom", a-t-il poursuivi.

Le traité avait été signé côté grec par l'ancien Premier ministre Alexis Tsipras. Le parti Nouvelle Démocratie de l'actuel chef du gouvernement Kyriakos Mitsotakis s'y était fortement opposé. Il a depuis retardé la mise au vote d'un certain nombre d'accords bilatéraux.