Axel Witsel, l'atout 'calme et sérénité' des Diables: "Je ne suis pas le genre de joueur qui monte pour mettre un doublé"

Soulagé, le Liégeois retrouve le rythme au bon moment après cinq mois de galère.

Axel Witsel, l'atout 'calme et sérénité' des Diables: "Je ne suis pas le genre de joueur qui monte pour mettre un doublé"
©AFP
Vincent Blouard

Moins de 24 heures après sa montée au jeu presque inespérée face au Danemark, Axel Witsel (32 ans) a rembobiné ses cinq derniers mois de calvaire.

Axel, avez-vous vu les larmes de votre père, Thierry, lors de votre montée au jeu ?

"Non, mais je sais qu’il était ému comme lors de mon premier match professionnel avec le Standard."

Dans la hiérarchie des grands moments de votre carrière, où placeriez-vous cette participation miraculeuse à l’Euro ?

"Ça ne vaut peut-être pas les titres collectifs, mais c’est clair que c’est beau parce que j’ai dû donner le maximum durant ma revalidation pour être ici. Je ne me suis jamais dit que c’était impossible, j’y ai toujours cru. C’était une blessure grave, mais l’Euro a toujours été dans un coin de ma tête. Grâce à Dieu, je n’ai pas connu de rechute. Et quand je suis arrivé à Tubize, dans ma tête, c’était parti."

Comment avez-vous vécu ces mois de revalidation, en appartement à Anvers, alors que votre femme, enceinte, était chez vous, à Liège ?

"C’était difficile, et j’ai parfois perdu la motivation d’aller si souvent à Anvers. Au début, je n’avais qu’une séance par jour, je faisais les allers-retours. Puis je suis passé à deux séances quotidiennes. Ces sacrifices étaient nécessaires. Ma famille, même sans la voir tous les jours, a toujours été à mes côtés. C’était important pour moi de pouvoir faire cette revalidation en Belgique, avec le Dr Declercq (NdlR : qui l’a opéré) et le kiné Lieven Maesschalck."

Votre participation à l’Euro est-elle un miracle ?

"Quand même pas (sourire). Ça fait juste plus de bruit parce que mon premier match est dans un grand tournoi et que je n’ai pas eu l’occasion de me préparer lors des amicaux."

Quel souvenir précis gardez-vous de votre blessure, le 9 janvier contre Leipzig ?

"J’ai posé mon pied par terre et je n’avais pas de réaction. Je me suis dit : ‘merde, ça a lâché. J’ai directement senti que c’était terminé."

Jeudi, avez-vous tout de même profité de votre montée au jeu, malgré le contexte périlleux du match ?

"Oui, parce que j’avais vraiment hâte de retrouver le terrain. Cela aurait été plus simple si on menait 2 ou 3-0, mais ici, je n’ai pas eu le temps de me poser trop de questions. Il y a eu un petit coup franc pour Alderweireld, j’ai directement demandé la balle pour me mettre dans le bain."

Grâce à vous, on a senti un collectif plus calme, plus mature…

"En première mi-temps, ça partait dans tous les sens. Je ne suis pas le genre de joueur qui monte pour mettre un doublé, mais je suis là pour apporter de la sérénité ; c’est l’une de mes qualités. On est plusieurs à pouvoir jouer en ‘6’, mais j’ai un profil un peu atypique."

Êtes-vous prêt à jouer 90 minutes lundi contre la Finlande ?

"J’ai besoin de plus de minutes, j’espère déjà pouvoir en jouer 60 ce lundi, puis être fit pour 90 en huitième de finale."

Depuis le banc, quelle analyse avez-vous fait des 45 premières minutes ?

"Les onze qui ont commencé avaient les qualités et l’expérience pour mieux faire. On a balancé trop de longs ballons et la tâche de Romelu était compliquée. On a tout remis à zéro à la pause."

Si ce genre de mi-temps se reproduit en huitième ou en quart de finale, contre l’Italie ou l’Allemagne, c’est 0-3 et on n’en parle plus.

"Ce n’est pas comparable. On a souvent répondu présent contre les grosses nations et on abordera ces échéances différemment. Il ne faut pas trop se prendre la tête sur ce match-ci, on a assuré l’essentiel."