Dries Mertens peut faire mal à son pays d'adoption: "Je pense qu’individuellement nous avons plus d’armes"

La rencontre de ce vendredi est spéciale pour Dries Mertens qui habite en Italie depuis 8 ans.

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© BELGA

Avec Dries Mertens, c’est quitte ou double. Quand il n’a pas envie de parler à la presse, il ne se foule pas. Mais quand il est de bonne humeur, comme mercredi, il redevient l’homme jovial que ses équipiers connaissent.

Il a d’ailleurs fait rire toute l’assemblée en lançant un "pu****" en réponse à une question. "C’est quand je dis des trucs comme ça que je me rends compte que je passe trop de temps avec mes équipiers."

De l’humour qui fait du bien vu le début de tournoi difficile du joueur. Au moment d’affronter sa patrie d’accueil, il espère bien redresser la tête.

Dries, avec toute votre expérience, êtes-vous encore stressé avant ce quart de finale ?

"Non, mais le match de vendredi est spécial pour moi. C’est l’Italie, le pays dans lequel j’habite depuis huit ans. Je connais tous les joueurs de la Squadra."

Vous sentez-vous un peu italien ?

"Oui, vraiment. Parfois je fais ça (NdlR : il effectue un geste à l’italienne en secouant les deux mains vers l’avant). L’Italie m’a fait profiter de la vie. C’est aussi plus facile quand tu habites dans une ville comme Naples et quasiment sur la plage. Ma vie là-bas, c’est le bonheur."

Quelle est la plus grande menace de cette équipe ?

"Elle est globale, je crois. L’Italie joue bien. C’est une équipe qui impressionne tout le monde dans ce tournoi. Elle propose un très beau football."

Vous attendiez-vous à cela ?

"Je savais qu’il y avait du talent. Ils ont aussi un très bon sélectionneur. L’Italie est l’équipe qui a le mieux joué lors des premiers matchs du tournoi. C’était beau à voir."

Sentez-vous une évolution dans l’approche de la sélection ?

"Ils ont plus confiance en ce qu’ils font. Elle est venue de leurs nombreuses victoires. Sans encaisser, en plus. Il y a un bon mix d’expérience et de jeunesse. À la manière dont ils célèbrent les buts, tu peux voir qu’ils forment une vraie équipe."

Avez-vous prévenu les Diables qu’il fallait tenir à l’œil Insigne et Jorginho, deux joueurs clés de la Squadra que vous connaissez bien ?

"Le danger est plus dans leurs automatismes. Je pense qu’individuellement nous avons plus d’armes. Mais il faut bloquer toute leur équipe, pas juste un seul élément, même si Jorginho est souvent en contact avec le ballon."

Seriez-vous attristé de ne pas jouer contre l’Italie ?

"Non, pas du tout. Je dois penser à l’équipe avant de penser à moi. Parfois, tu as un ami dans le vestiaire et il est transféré et tu ne le reverras peut-être plus avant ta fin de carrière. Le football va tellement vite que tu dois profiter de chaque instant. Et pour moi, profiter passe par gagner."

Et si possible un trophée. Cela pourrait être votre dernière chance avec les Diables…

"Je ne pense pas. Je crois en l’avenir de la sélection. Tout a été mis en place pour que nous maintenions un bon niveau. Après, on se doit d’être réalistes. On sait qu’on a une bonne équipe et qu’une véritable opportunité de gagner un grand tournoi s’offre à nous. Et c’est une chance qui n’arrive que tous les deux ans. Nous devons la saisir."

Pensez-vous qu’il faudra, pour cela, jouer de manière plus rationnelle, un peu comme la France en 2018 ?

"Le plus important est de ne pas encaisser, de garder le zéro. C’est de cette manière qu’on gagne les tournois. Et à partir de cela, tu dois concrétiser les occasions qui s’offrent à toi. Nous avons un groupe avec assez de qualités pour y arriver. Tant qu’on gagne les matchs, ça ne me pose pas de problème de jouer comme ça."

Que pensez-vous de votre tournoi jusqu’ici ?

"Je peux mieux faire. Nous sommes toujours en lice et j’espère encore pouvoir me montrer à un moment."

Avez-vous besoin de cela pour vous lancer ?

"J’ai surtout besoin de gagner le tournoi (rires)."

Et avoir l’impact de Kevin De Bruyne si vous devez jouer ?

"I wish (NdlR : j’aimerais bien). Je ferai tout pour, mais j’espère que ça ira pour lui."

Quel sentiment vous a procuré votre 100e cape ? C’était face au Danemark…

"C’était très beau. Cela signifie que j’ai été important pour la Belgique. C’est une belle manière de boucler la boucler. Quand tu te rapproches des 90, tu te dis : ‘Mon Dieu, j’aimerais avoir l es 100 matchs.’ Je suis juste déçu que ma 100e se soit déroulée lors de la pire mi-temps du tournoi, au terme de laquelle j’ai été remplacé à la pause. Pas grave, je sais… Je dois en être fier."