L'échec des Bleus, le clash Mbappé/Giroud, Benzema: Didier Deschamps lâche ses vérités

Didier Deschamps a eu un long entretien pour le journal L'Equipe. Morceaux choisis.

L'échec des Bleus, le clash Mbappé/Giroud, Benzema: Didier Deschamps lâche ses vérités
© BELGA

Un retentissant échec. Voilà comment on pourrait résumer l'Euro des Bleus cet été. Pourtant, la France avait, sur papier, l'une des plus belles équipes de cette compétition. Mais la vérité, elle, se joue sur le terrain. Et clairement, les Français n'ont pas été à la hauteur de l'événement.

Pour le journal L'Equipe, le coach des Tricolores est revenu sur tous les dossiers chauds de l'été. Sans langue de bois, la Desch ne s'est pas cachée. "Je sais que je suis le seul responsable", a-t-il commencé. "Ma fonction veut ça. Je l'assume. Mais je sais aussi que j'ai cette capacité à basculer. Quand cela va bien, tout n'est pas rose ; quand cela va mal, tout n'est pas noir non plus. Notre élimination est liée à de nombreux éléments. (...) C'est ma responsabilité."

Critiqué pour ses choix frileux contre les Helvètes, il a tenu à recontextualiser la rencontre. En évoquant le cas Benzema qui lui a fait changer son animation offensive un petit mois avant la compétition. "Karim n'y est pour rien. Tout ce qu'il devait faire, il l'a très bien fait. Après, j'ai été amené à modifier l'équipe pour différentes raisons. Je sais que ce n'est pas l'idéal. Malgré tout, on était à 3-1 à la 80e (contre la Suisse, NDLR) et là, ce qui avait fait notre force jusqu'ici nous a fait défaut. J'aurais pu faire les choses différemment. Oui ! Mais on était à 3-1 à la 80e ! (...) Cela ne devait pas nous arriver au vu de la force qui était la nôtre et la solidité qui a toujours été notre ADN."

Lors de l'élimination, une grosse discussion tactique avait eu lieu entre Pogba, le leader de cette équipe, et le sélectionneur. Visiblement, ils étaient en désaccord. La suite, tout le monde la connaît. "Ce n'est pas que je n'étais pas d'accord" confesse-t-il. J'en ai reparlé avec lui encore pendant ses vacances. C'est juste que Paul est un compétiteur. Entre le fait de vouloir jouer, ou de moins jouer, ou de penser à plus défendre ou à moins défendre, on n'a pas eu cette capacité à ce moment-là de dire : 'Stop ! On ferme'. "À l'arrivée, il vaut peut-être mieux être un peu moins brillants, mais plus solides."

Autre sujet chaud pendant l'Euro: la relation entre Giroud et Mbappé. Le premier s'était plaint du second après un match de préparation contre la Bulgarie. "Des fois, on fait des courses et les ballons n'arrivent pas" avait expliqué sèchement le deuxième meilleur buteur de l'histoire de l'EDF. Sur ce point, DD s'est montré ferme. Selon lui, le nouvel attaquant de l'AC Milan a fait une erreur. "Ça, il le sait, je le lui ai dit : il n'avait pas à dire ça, c'est une certitude. Cela a généré de petites tensions sur deux, trois jours mais c'était lors de la préparation."

Si cela n'a pas facilité la vie de groupe des Bleus à cette période, l'entraîneur refuse d'expliquer l'échec par cette joute verbale. "On dit ça maintenant parce qu'il n'y a pas le résultat. Mais je vous reprends l'exemple de 2018. Tout le monde rigole aujourd'hui de l'histoire de la sortie nocturne (NDLR avec Adil Rami). Mais vous savez très bien que si on ne bat pas l'Uruguay (en quarts de finale), on n'est pas loin de ce qui s'est passé en 2010."

A la fin de ce riche entretien, Deschamps s'est penché sur son avenir. Pour lui, il a encore des choses à donner aux Bleus. Mais il n'est pas question de faire l'année de trop. "Je ne veux pas continuer pour continuer" a-t-il annoncé. "Je veux continuer parce que mon envie et ma détermination sont intactes, parce que je connais bien ce groupe et que je suis convaincu qu'il peut faire de belles choses."

La France aura-t-elle digéré son échec? Réponse le 1er septembre face à la Bosnie, match de qualification pour la Coupe du monde au Qatar.

Sur le même sujet