Trahisons, coups bas et incompréhensions: les coulisses du départ annoncé de Kylian Mbappé

Depuis ce mardi, le cas Mbappé affole l'Espagne et la France. Le lendemain de cette bombe, on en sait un peu plus sur les coulisses du Camp des Loges. Une ambiance maussade teintée de trahisons, de coups bas et d'incompréhensions.

Gilles Joinau
Trahisons, coups bas et incompréhensions: les coulisses du départ annoncé de Kylian Mbappé
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Tout commence lors de la prolongation de contrat du prodige en mai dernier. Le président Nasser Al-Khelaïfi annonce au vestiaire ce qui va changer dans les mois à venir suite à la nouvelle. Le groupe reste sans voix. Personne n'a jamais eu autant de pouvoir dans un club. Les deux autres membres du trio magique, Messi et Neymar, estiment également que le moment est mal choisi. Comme l'explique Marca dans son édition du jour."Certains, à commencer par Messi et Neymar, n'en revenaient pas et ne cachaient pas leur stupéfaction suite aux discours du président dans le vestiaire. C'était le jour de départ de Di Maria. Ce moment a soudainement été relégué au second plan. Tout cela pour que le patron proclame Mbappé comme le meilleur joueur du monde, devant tout le groupe. Ce qui a étonné une grande partie du versitaire."

Pour le quotidien de la capitale, l'objectif premier de la fusée de Bondy était de prendre le pouvoir au PSG. "Le Français cherchait à créer un climat et, surtout, un vestiaire à son goût dans lequel sa lumière brillerait au-dessus de ses coéquipiers", commence-t-il. "Pour y parvenir, de nombreux joueurs de l'équipe ont dû partir, mais surtout un, qui n'était autre que Neymar Junior." La suite, tout le monde la connaît. Le Brésilien écartera toute possibilité de transfert, bien décidé à démontrer qu'il peut encore être un joueur majeur du PSG. Ce qu'il est parvenu à prouver en ce début de saison avec onze buts et huit passes décisives en quinze rencontres.

Une guerre des clans?

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Ce n'est un secret pour personne, Neymar a une relation privilégiée avec Leo Messi. Après une dernière année mitigée, pour ne pas dire catastrophique, les deux joueurs voulaient absolument revenir à leur meilleur niveau afin d'être au top pour la Coupe du monde. "Neymar a donc refusé toutes les offres et il savait que son retour en forme serait appuyé par Messi. De son côté, l'Argentin a commencé à prendre parti dans tout ce qui se passait dans le vestiaire. Directement, il a expliqué sa vision de ce qu'il voulait. L'un de ses souhaits était de continuer avec Ney." Une idée bien différente de Mbappé qui estimait que le Brésilien avait reçu beaucoup trop de passe-droit dans le vestiaire.

Avec Messi dans sa poche, Neymar savait qu'il disposait d'un atout de taille. Il n'a donc pas hésité à contrer l'omnipotent Mbappé. Comme lors du penaltygate qui avait fait couler beaucoup d'encre il y a quelques mois. Suite à cet épisode, la relation entre les deux attaquants est glaciale. Une situation qui est devenue trop tendue. Au point que l'intervention d'un taulier du vestiaire, Sergio Ramos, lui aussi auteur d'une saison pourrie l'an dernier, devienne obligatoire. "Lui et d'autres coéquipiers ont tenté d'instaurer la paix. Il a finalement fallu que Messi rappelle à tout le monde qu'il s'agissait d'un affrontement de bit*** auquel personne ne devait participer. Pour l'Argentin, il s'agissait d'un problème personnel entre deux ego d'un vestiaire", ajoute Marca. Cette dispute laissera des traces. Au point de créer deux clans distincts selon le quotidien espagnol. "Ramos s'est rapproché du Français en fin de saison dernière et encore plus maintenant. La relation qu'il entretient avec les autres leaders comme Messi et Neymar est acceptable. Mais juste en tant que partenaires."

La direction également pointée du doigt

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Il n'y a pas que dans le vestiaire que les maux apparaissent. Dans les hautes sphères du club aussi, l'incompréhension règne. Notamment à propos des rôles de Luis Campos et Antero Henrique. Le premier est le directeur sportif tandis que le second travaille pour le Qatar mais a été très actif dans les ventes au sein du PSG cet été. Entre les deux, Nasser Al-Khelaïfi va devoir faire un choix. Pour Daniel Riolo, c'est bien le premier cité qui ne devrait pas faire de vieux os dans la capitale. "Nasser Al-Khelaïfi et Luis Campos, c'est quasiment déjà terminé", a-t-il estimé sur RMC. "Le premier ne supporte plus beaucoup le second. Il en a un petit marre, déjà. Campos, lui, il paraît qu'il est là pour deux ans, avec l'objectif de tout mettre en place pour la Ligue des champions. On verra. Tout va très vite dans le football. Mais à l'heure actuelle, il y a un gros problème en interne à ce sujet, ce trio qui ne marche pas très fort."

Symbole de cette mauvaise symbiose: le mercato d'été "raté" dixit Christophe Galtier. Un souci majeur car il est au coeur du problème Mbappé. Sans cet attaquant pivot tant recherché, KM7 doit se coltiner un poste qu'il déteste. Ce qui le frustre et lui donne l'impression d'avoir été trahi au sein du club. Notamment à propos de promesses non tenues quant à son rôle à jouer sur et en dehors des terrains. Conscient de son importance, Mbappé n'a pas hésité à se plaindre dans les médias ou sur les réseaux sociaux. Une posture qui agace particulièrement au Qatar. "À Doha, ils pensent avoir fait beaucoup pour lui. Ils ne comprennent pas les déclarations de Mbappé qui remettent en cause tout ou presque tout ce qui se passe sur le terrain et sa façon de jouer." Pour Marca, Mbappé a perdu la bataille au PSG. "Surtout que les dirigeants sont conscients que le contrat du joueur est très court (il a signé jusqu'en 2024). Et qu'il laisse place aux spéculations. Au PSG, Mbappé a reçu un contrat en or. Mais pas ce qu'il désirait vraiment avec le pouvoir et le leadership du club."

Une situation qui pourrait le pousser au départ. Même si, selon Marca, le Real Madrid reste loin des problèmes parisiens pour le moment. "Le club est spectateur et n'a aucune envie de participer au nouveau festival monté par le Français et son entourage", précise le journal. Avec cette histoire, le club de la capitale démontre encore que son slogan lui colle à la peau: "Paris est magique". Dans le bon, comme dans le mauvais sens.