Alors, clin d’œil ou pas ? Le Palais a annoncé mardi que le roi Philippe assistera au quart de finale de l’Euro opposant les Diables Rouges au pays de Galles, ce vendredi, à Lille. Il était déjà présent à la rencontre contre l’Irlande, le 18 juin. Ce jour-là, il était allé saluer les joueurs dans le vestiaire. En croisant Eden Hazard, il l’avait taquiné en lui disant : "Vous ne faites plus de clin d’œil maintenant ?" Ce petit geste, en effet, le capitaine de l’équipe nationale l’avait lancé à Philippe juste avant un match contre la Bosnie en septembre 2015.

Derrière l’anecdote, le professeur Vincent Dujardin (UCL), spécialiste de la monarchie, constate qu’il y a "une longue histoire entre Philippe et l’équipe nationale de foot. Ça fait trente ans qu’il l’accompagne." Dans ses archives, l’historien a retrouvé sa trace à Mexico, en juin 1986, à l’occasion de la Coupe du monde au Mexique, pour ce qui reste à ce jour la plus grande épopée des Diables Rouges. "Il était là lors du fameux quart de finale contre l’Espagne" (victoire des Belges aux tirs au but).

Philippe est un fan. Il a encouragé les Diables dans la plupart des grandes compétitions. A Vérone, lors du Mondial italien de 1990, pour le match contre la Corée du Sud; en France, en 1998, contre les Pays-Bas; à Tokyo, au Japon, en 2002, contre le pays hôte. Egalement lors de matches qualificatifs pour une Coupe du monde ou un Euro.

L’image de la Belgique

"Même lorsqu’il est devenu Roi, il a continué à soutenir les Belges dans leurs déplacements", poursuit Vincent Dujardin. "Le roi Albert avait reçu les Diables Rouges en audience, au Palais, mais il ne se déplaçait pas. Le roi Philippe, lui, a continué à le faire." C’est ainsi qu’on l’a vu contre la Russie, lors de la Coupe du monde au Brésil en 2014. En outre, "il entretient un bon contact avec l’entraîneur Marc Wilmots, qu’il a eu plusieurs fois au téléphone", notamment avant le premier match de l’Euro en cours contre l’Italie.

En fait, décode le professeur de l’UCL, "le Roi encourage ceux qui renforcent l’image de la Belgique à l’étranger." A côté de la culture ou de l’économie, par exemple, le sport fait partie des domaines dans lesquels les Belges peuvent se mettre en évidence sur la scène internationale. Et ça ne se limite pas au seul foot, puisque Philippe "a aussi assisté à des compétitions de tennis (Roland-Garros ou Wimbledon) ou aux Jeux olympiques. Et il a reçu des athlètes au Palais, notamment les frères Borlée".

Dans un autre registre, le Roi avait fait référence à la performance des Diables au Brésil dans le cadre de son discours pour la fête nationale 2014, termine M. Dujardin. Cela lui avait permis de développer la thématique de la "confiance". Confiance en soi, envers les autres, envers la société.

Et puis, en termes de notoriété et de popularité, associer son image à celle de sportifs qui gagnent, c’est porteur auprès du grand public. Les politiques ne s’en privent pas. Le Roi non plus.