Pierre Rondeau démontre que tous les footballeurs n’ont pas la vie idyllique qu’on leur prête. 

"C’est un cliché de croire que les footballeurs sont tous riches et c’est complètement faux. Il y a énormément de précarité. Si une minorité est grassement payée, le chômage et la pauvreté sont une réalité. Une étude récente dont je parle dans mon livre est révélatrice de ce fantasme : 40 % des joueurs de la planète gagnent moins de 1 000 dollars par mois, essentiellement en Afrique mais aussi en Europe où entre 20 et 40 % affirment ne pas toucher leur salaire en temps et en heure. Il y a des millionnaires et on peut s’en indigner même s’il y a débat vu l’argent qu’ils rapportent, mais il y a aussi beaucoup de torsions et de dépressions dans ce milieu." 

Pierre Rondeau met en lumière le fait que les 10 % de footballeurs les mieux payés touchent presque 50 % des salaires distribués, d’après la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques). "Le football professionnel est l’illustration de ce qu’est aujourd’hui le capitalisme mondialisé et totalement dérégulé. Les 10 joueurs les mieux rémunérés en France s’accaparent 90 % de l’ensemble des salaires. Tout le monde ne peut être que choqué par les rémunérations brutes mensuelles de Neymar, qui gagne 3,06 millions d’euros… mais à côté de cette réalité qui touche une minorité de joueurs, le chômage dans le football est supérieur à 20 % et on estime que 40 % des joueurs de foot seront ruinés après leur carrière, qui dure en moyenne 4 à 6 ans."