"A partir du 30 mars, je serai au chômage": C'est sur cette petite phrase que Romario, surnommé "le petit", un des buteurs les plus exubérants du Brésil, a annoncé sa retraite de footballeur, à 42 ans, après une très longue carrière, entre coups de génie et coups pendables.

"Je ne joue plus, j'ai arrêté de jouer, je n'en ai plus les conditions, c'est fini pour moi", a lancé le 'Baixinho' (en Portugais "le petit", 1,69 m) dans une interview exclusive au quotidien populaire brésilien O Dia.

"Il arrive ce que j'avais planifié un jour, poursuit-il. Mais il se peut que je fasse encore un ou deux matches d'adieu... qui sait ?". Pour célébrer son "chômage", ce fêtard commencera par prendre des vacances dès lundi "avec un grand groupe d'amis à Curaçao (Antilles néerlandaises): Nous allons passer dix jours là-bas, c'est pas mal non? Maintenant, je vais en profiter". L'homme en a déjà bien profité. Sur les terrains et en dehors.

Crampons aux pieds, il restera comme le buteur vedette de la Seleçao du Mondial 1994, avec 5 buts en 7 matches et un titre de champion du monde à la clé. L'an dernier, le quadragénaire aux tempes grisonnantes avait atteint la barre mythique des 1000 buts (même si le comptage a longtemps été mis en doute), sur un penalty, comme un autre Brésilien illustre, Pelé.

Ce cap, sous le maillot de Vasco de Gama (le club de ses débuts), lui avait permis de redorer une fin de carrière en clubs qui avait fait désordre avec des passages au Qatar, aux Etats Unis (où il n'avait d'ailleurs joué aucun match avec les Miami Fusion) et en Australie.

L'apogée d'une carrière commencée au Vasco de Gama en 1986, il l'aura connue en Europe au FC Barcelone, avec un titre de champion d'Espagne en 1994, année où il terminera meilleur buteur de la Liga avec 33 buts.

L'air du Vieux Continent lui a aussi été profitable au PSV Eindhoven, avec qui il a été meilleur buteur de la C1 en 1990 et 1993 avec 6 et 7 buts.

En dehors des terrains, ses déhanchements ont surtout fait le bonheur des boîtes de nuit. "Je suis comme tout Brésilien, a-t-il toujours reconnu. J'aime les femmes, sortir, m'amuser. C'est pour ça que le peuple s'identifie à moi".

Ses liaisons, demandes de reconnaissance en paternité, ou procédures pour non-paiement de pensions alimentaires, ont fait le bonheur des gazettes à sensation.

S'il a multiplié les beaux gestes sur les pelouses, il en a aussi commis d'autres moins glorieux, en venant aux mains avec des équipiers, des supporteurs, s'en prenant verbalement à ses entraîneurs, sélectionneurs (comme Felipe Scolari) ou même les idoles du pays. Il fut ainsi condamné à dédommager Zico pour la caricature de l'ex-meneur brésilien qui ornait les toilettes de son bar à Rio.

A Pelé qui disait un jour que Romario aurait dû prendre sa retraite, ce dernier avait rétorqué: "C'est quand il se tait que Pelé est un poète".

Son retour à Vasco de Gama, où il fut pendant un temps entraîneur-joueur, après sa pige en Australie, aura été marqué par un imbroglio administratif (il contrevenait aux règlements sur les transferts en changeant sans cesse de clubs dans une même saison), finalement dénoué par la Fifa l'autorisant à jouer, et par une suspension pour dopage, avant qu'il ne soit blanchi.

Et maintenant? "Je ne sais pas... Je vais attendre qu'il apparaisse quelque chose de très chouette, j'avais envie de faire quelque chose pour la Coupe du monde de 2014 au Brésil". On peut parier qu'on entendra encore parler de lui.