Lucien Gallinella avait dit que le match disputé (?) par Charleroi à Alost ferait... tache dans le parcours des Zèbres. Cette fois, ceux-ci ont commis une faute à l'encre de chine qui efface presque les pénibles lendemains de la semaine passée. Alors, la question est simple : où en sommes- nous à Charleroi ?

C'est forcément Abbas Bayat qui est le mieux placé pour répondre à cette question... devenue angoissante.

«Je ne comprends pas et ne m'explique pas ce qui s'est passé. Je ne réagirai pas dans un moment de panique car il vaut mieux réfléchir sur le sujet.»

Le président de Charleroi ne remet pas en cause la position d'Enzo Scifo que celui-ci était précisément enclin de revoir.

«Notre entraîneur n'a pas eu la possibilité de mettre les choses en place comme il le souhaitait. Ce n'est pas lui qui a façonné ce groupe si bien qu'il n'entrera véritablement en fonction que la saison prochaine. Je le lui ai dit tandis que j'ai déjà perçu chez lui un moral renaissant. Vous retrouverez un Enzo Scifo en pleine forme ce mardi.»

Il n'est donc pas question d'envisager un autre rôle pour celui qui a le profil d'un directeur technique, par exemple, en laissant les pouvoirs du terrain à Dante Brogno ?

TANDEM RECONDUIT L'AN PROCHAIN

«Certainement pas. Le tandem sera reconduit tel qu'il est aujourd'hui. La différence résidera dans l'effectif. Nous retiendrons les leçons du passé pour construire l'avenir. D'ailleurs le match de ce dernier samedi fait déjà partie du passé et nous servira. Nous avons appris et compris qu'à cette époque de l'année alors que nous ne disputons plus de rencontres à enjeu, certains joueurs n'avaient plus envie de fournir un effort quelconque. Il me semble clair que ceux qui sont en fin de contrat ne sont déjà plus chez nous. Nous prendrons désormais nos gardes afin que pareille situation ne se reproduise plus.»

Abbas Bayat ne change pas un iota à ses ambitieuses intentions.

«J'ai toujours dit que nous construirions le nouveau Sporting de Charleroi en quatre ou cinq ans. Nous avons entamé un travail de fond. Il n'était de toute façon pas possible d'envisager l'avenir sous un autre angle, d'autant que nous devons encore retrouver une santé financière. Ce qui n'est pas encore le cas mais c'est logique, le monde ne s'étant pas fait en un jour. N'oublions pas non plus que Charleroi revient de loin»

Bon vent à Enzo Scifo assisté de Dante Brogno ?

«Exactement. Nous allons certainement apprendre des choses au fil du temps et à cet effet la saison prochaine sera enrichissante parce que nous aurons jeté des bases qui n'étaient pas établies il y a dix mois. Nous allons tout simplement poursuivre une ligne de conduite que nous nous sommes dictée. Entendez par là que nous allons progresser mais le résultat final ne suviendra pas dans un an.»

Un mot quand même sur le bilan d'une première années de travail.

«Il sera plutôt positif. Dommage que nous ayons mal terminé ce premier exercice mais encore une fois, les événements récents constituent un enseignement pour l'avenir. Si nous ne savons pas encore ce qu'il faut faire nous savons au moins ce qu'il ne faudra pas faire.»

Ce qui relève effectivement d'un pas en avant. On ajoutera qu'Abbas Bayat a l'avantage d'apprendre vite. Très vite.

«Dans quelque domaine que ce soit les leçons de la vie m'ont toujours été précieuses», rappelle Abbas Bayat qui a fait ses preuves. Et veut encore les faire dans ses toutes nouvelles attributions footballistiques. L'homme n'est pas un perdant !

© La Libre Belgique 2001