"Merci Robert, merci Robert, merci!". A deux heures du matin, alors que leur avion venait de se poser sur l'aéroport de Zaventem avec une heure de retard, les Diables Rouges ont été chaleureusement accueillis par quelque 500 supporters qui attendaient le retour de la délégation belge à son retour de République tchèque, noyant les joueurs dans un vériotable tourbillon une fois le contrôle des passeports à peine passé.

L'avion étant parti plus tard de Prague, les supporters, impatients, avaient bien vite submergé le service de sécurité de l'aéroport qui ne s'était pas préparé à une telle invasion et dû bien vite laisser passer la foule du hall des arrivées au local des bagages d'où les "Merci" et les "We love you" résonnaient dans les couloirs.

Dans leur chasse aux photos et aux autographes, les fans heureux s'emparaient de tous les Diables Rouges, embrassés de toute part, parfois sauvagement. Ils venaient de partout en Belgique. Beaucoup d'étudiants, pas mal de trentenaires mais ici et là quelque personnes plus grisonnantes.

"Je viens de Louvain. Après la qualification je suis directement venus avec deux autres étudiants. Ici c'est la folie. A Louvain aussi la fête bat son plein", raconte l'un d'eux. Deux autres supporters, collorés en noir-jaune et rouge de la tête aux pieds ne boudaient pas leur plaisir. "Demain nous irons travailler avec le sourire. Dans notre entreprise il y a quelques Néerlandais. Ils ne riront pas. Nous sommes supporters de l'équipe nationale depuis vingt ans. Nous étions aux Pays-Bas en 1985 lorsque Georges Grun a envoyé les Belges au Mexique. Cette fois, nous n'avons pas eu la possibilité de nous rendre à Prague, mais nous tenions à être ici".

L'entraîneur Robert Waseige était de loin le plus populaire du groupe, hélé par tous. Le sélectionneur ne cachait pas sa joie, même s'il devait jouer un peu des coudes de temps en temps afin de traverser la masse. Il nettoyait sa joue sur laquelle les embrassades avaient laissé du rouge, se rhabillait mais ne se privait pas, en attendant ses bagages, de discuter avec ces joyeux trublions.

Geert De Vlieger appréciait particulièrement cette ambiance festive. "Je m'y attendais un petit peu. J'ai appelé depuis Prague quelques amis à Louvain et Bruxelles et ils m'ont raconté que la qualification a été accueillie comme une délivrance par les gens. Mais ceci est fantastique".

Après une demi-heure de cris et de joies, de nombreux policiers, arrivés dare-dare, ont repoussé gentillement en dehors de la zone des bagages toutes les personnes qui ne disposaient pas d'un ticket. Une dizaine de minutes plus tard, les fêtards se séparaient par petits groupes pour aller continuer ailleurs, de célébrer la qualification.