Une grande première! C'est sous cet angle qu'Aimé Anthuenis, hier, a décliné la liste des joueurs qu'il a retenus pour le match Bosnie - Belgique dont plus personne n'ignore l'extrême importance. Première, en effet, car jamais encore, dans son ère d'entraîneur fédéral, Aimé Anthuenis n'était parvenu, d'une sélection à l'autre, à présenter exactement la même liste. Voilà qui est donc fait: les vingt heureux élus pour le voyage à Sarajevo sont donc les vingt même qui, il y a quinze jours, avaient été invités à se préparer pour affronter la Grèce. «Il est évident que je suis comblé par cette situation. Mais il reste huit jours avant la rencontre et ce week-end, il y a championnat chez nous et là où jouent nos expatriés. Permettez-moi, donc, de néanmoins faire preuve de prudence», glissa non sans humour Aimé Anthuenis.

Nous serions bien les derniers à lui souhaiter un ou plusieurs impondérables. Car maintenant qu'il tend enfin vers la création d'un groupe qualitatif et solidaire, ce qui a toujours constitué sa priorité, on ve va pas le pousser à accélérer les innovations: «D'autant que je ressens qu'il existe à nouveau, au sein du groupe, une véritable dynamique autour de l'équipe nationale. Tout le monde a manifestment pris conscience que même si nos chances de qualification pour le mondial sont réduites, ces chances existent, ne fût-ce que parce que nos principaux adversaires, eux aussi, ont perdu ou vont encore perdre des points en cours de route...»

Le retour de Bart Goor

Si une petite incertitude subsiste sur l'évolution de la blessure au genou de Philippe Clément, aucun doute n'existe, par contre, sur le retour de Bart Goor dans le noyau, mais retour qui n'interviendra qu'au... lendemain de ce match en Bosnie, puisque l'Anderlechtois est encore sous le coup, pour une rencontre, d'une suspension: «Il nous rejoindra le lundi pour participer à la préparation du match contre Saint- Marin, prévue le mercredi à Anvers.»

A propos de retour, celui qui concerne l'équipe n'aura lieu, lui, que le dimanche en milieu d'après-midi. Contrairement aux moeurs en cours en matière de déplacement pour les équipes de football, les Diables Rouges, après la rencontre, dormiront donc sur place. «On ne peut pas survoler la Bosnie après 22 heures, explique Aimé Anthuenis. De même, nous quittons Bruxelles jeudi car c'est le dernier jour où l'aéroport de Sarajevo sera ouvert.»

Sarajevo où les Belges logeront la nuit de jeudi à vendredi avant de rejoindre Zenica le lendemain. Car si moins de cent kilomètres séparent les deux villes, sur ces routes locales, un tel déplacement excède facilement les deux heures. «Croyez-moi, nous avons opté pour la moins mauvaise des solutions», conclut le sélectionneur. «Si nous l'emportons nous jugerons ces conditions de voyage acceptables, si nous sommes battus, par contre, on les jugera probablement trop... difficiles!»

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