"Je voulais voir comment l'argent de l'Euro-2000 » - environ 400 millions de francs belges, 4 millions d'euros, NDLR -, «serait utilisé. Et m'assurer qu'il soit effectivement investi comme promis dans la jeunesse. C'est le cas et je peux à présent m'en aller tranquille. A 50 ans il était sans doute temps de changer de cap, tout en restant dans le football ».

Les révélations dans la presse de lundi ont obligé l'Union Belge à avancer de 24 heures, une conférence de presse qui aurait eu lieu mardi. La nouvelle du départ du secrétaire-général Alain Courtois, qui prendra de nouvelles fonctions au RSC Anderlecht le 2 janvier, a été confirmée. L'intéressé avait pris sa décision avant les deux matches de barrage contre la République Tchèque. «Mais il n'aurait pas été opportun de l'annoncer à ce moment là », avoue-t-il. «Heureusement que cela s'est bien terminé. Autrement on aurait dit que je sautais dans une barque de sauvetage du Titanic ».

Alain Courtois aurait en réalité pu quitter le navire dès la fin de l'Euro-2000, dont il avait été le directeur pendant quatre ans. Le Comité organisateur de l'Euro-2004, et même la Corée, co-organisatrice du Mondial-2002, auraient été ravis de lui confier le rôle de conseiller. Le monde juridique, dont il est issu, lui avait aussi proposé la présidence du Comité de Direction du Ministère de la Justice. Mais Alain Courtois a préféré attendre l'offre d'Anderlecht. "Je l'ai examinée, et acceptée. C'est aussi simple que cela. Travailler pour un grand club européen constituait un défi tentant, et je le relève... »

- La fin du ticket D'Hooghe-Courtois -

Après le président Michel D'Hooghe, c'est donc le secrétaire-général qui s'apprête à quitter la maison de verre. Logique? «Je m'entendais également très bien avec Jan Peeters », tempère Alain Courtois, «mais il était difficile à une personne en fonction depuis 14 ans, de se montrer convaincante en réclamant des changements pourtant indispensables. Je laisse cela à mon successeur, qui devra très vite annoncer la couleur dans différents domaines. Une réforme des structures est par exemple urgente... »

Le ticket Dhooghe-Courtois restera dans les annales comme celui de la mise en phase de l'Union Belge avec le monde commercial, qui a permis un redressement de la situation financière, n'ayant cessé de s'améliorer au fil des années. Alain Courtois avait succédé à Albert Roosens, également issu du giron anderlechtois, en juin 1987. «Il avait été contraint de s'effacer à cause de poursuites judiciaires franchement ineptes », se souvient l'ancien substitut du procureur du Roi, qui représentait à l'époque le Sporting d'Anderlecht à la Commission Juridique de l'Union Belge. Le voilà donc sur le point de réintégrer la maison mauve, où son nom figurait déjà parmi les affiliés grâce à son fils, qui défend les couleurs de l'équipe juniore...

Une heure après...

Une heure après avoir annoncé son départ de la tête du secrétariat général de l'Union Belge, Alain Courtois arrivait au stade Constant Vanden Stock pour officialiser son retour à Anderlecht, club qu'il avait quitté en 1987 pour entrer à la Fédération. Il intégrera l'équipe de management à partir du 1er janvier. Cette situation ne fait pas (encore) d'Alain Courtois le successeur de Michel Verschueren qui continuera son travail au moins jusqu'à l'expiration de son contrat en juin 2002. "Alain Courtois vient renforcer l'équipe en accord et en connaissance de cause avec le manager actuel", explique le président d'Anderlecht, Roger Vanden Stock. Propos confirmés par Michel Verschueren qui ajoute qu'il compte travailler main dans la main avec Courtois. "Nous entretenons depuis de longue date une relation amicale. Lorsque le président m'a demandé si j'étais encore apte à travailler, je lui ai directement répondu oui. Mais le monde des affaires devient de plus plus impitoyable et on ne sera pas trop de deux pour maintenir Anderlecht à son niveau. Dans ce contexte, l'arrivée d'Alain Courtois me donne non seulement satisfaction mais aussi confiance."

Même si la fonction d'Alain Courtois n'a pas encore été clairement définie, il semble qu'il s'occupera plus de l'aspect commercial alors que Michel Verschueren concentrera ses efforts sur l'aspect sportif. Quant à Alain Courtois, il se dit "très heureux d'être dans club qui est magique en Belgique et sur le plan européen".