Il fallait aller à Vitoria pour voir du spectacle jeudi, où les inconnus de l’Alavés ont laminé Kaiserslautern (5-1) en demi-finale aller de la coupe de l’UEFA, et non à Barcelone où les stars du Barça et de Liverpool se sont séparées sur un O-0 insipide.

Il y avait environ 98.000 spectacteurs au Camp Nou de Barcelone, contre 17.000 au stade Mendizorroza. L’affrontement Rivaldo (Barcelone) - Michael Owen (Liverpool) promettait cent fois plus que le retour de Jordi Cruyff (Alavés) au plus haut niveau, sous le numéro 14 de son illustre père.

Et pourtant, c’est dans la capitale administrative du Pays basque espagnol que l’on a joué au football, et non en Catalogne. Bien sûr, l’arbitre norvégien Rune Pedersen a déclenché l’avalanche de buts en sifflant quatre penalties (trois pour les Espagnols, un pour les Allemands, tous transformés). Mais les Basques, qui s’étaient illustrés en éliminant le Real Madrid de la Coupe d’Espagne quand ils évoluaient en D2 il y a encore quelques saisons, n’ont rien volé: «Personne ne peut s’étonner du résultat, vu la façon dont a joué l’Alavés», a reconnu l’entraîneur de Kaiserslautern, Andreas Brehme.

A Barcelone, les applaudissements les plus nourris ont d’ailleurs salué l’annonce des buts de l’Alavés. Pour le reste, la «finale avant la lettre» entre le Barça et Liverpool aura peut-être lieu le 19 avril, date du match retour à Anfield.

«Le match retour sera très ouvert, nous aurons beaucoup d’occasions de marquer là-bas. Ils ne pourront pas jouer comme ici, où ils ont renoncé à toute intention de marquer un but», a soupiré l’entraîneur de Barcelone Lorenzo Serra Ferrer, dont l’équipe a pourtant monopolisé le ballon (69 % de possession).

De fait, les Anglais ont cadenassé la rencontre. Les Reds - qui jouaient en en maillot blanc pour l’occasion - ont voulu conserver en Catalogne leur statut d’équipe invaincue à l’extérieur dans la compétition européenne. Le Français Gérard Houllier avait mis en place une formation très défensive, laissant Michael Owen seul en pointe.

«Nous avons été très disciplinés. Mais nous n’avons pas été assez audacieux dans la première demi-heure, et dans les 15 dernières minutes, après l’entrée en jeu de Robbie Fowler (en remplacement d’Owen)», a expliqué Houllier. «Nous avons marqué 96 buts cette saison. Ce n’est pas parce que nous faisons 0-0 à Barcelone que nous manquons d’ambition. Simplement, nous avons eu trop de respect pour Barcelone. Ce n’est pas très romantique, mais je préfère être dans ma position que dans celle de Kaiserslautern», a-t-il ajouté, légèrement agacé par les questions des journalistes sur le manque d’audace de son équipe.

Une victoire au retour permettrait à Liverpool de retrouver, à Dortmund le 16 mai, une première place de finaliste dans une compétition européenne depuis le 29 mai 1985 et la tragédie du stade du Heysel.