Football

Lundi, à la rédaction de la Libre, j'en ai pris pour mon grade. Et je ne l'ai pas volé. Voici un petit mois, je traitais Alejandro Pozuelo de grand joueur et de grand monsieur. Pourquoi ? Parce que le maître à jouer espagnol du Racing de Genk avait résisté aux sirènes saoudiennes pour rester fidèle au club limbourgeois. J'écrivais notamment ceci: "Celui qui figure parmi les deux ou trois meilleurs joueurs du championnat belge (à nos yeux, c'est même le plus beau à voir) et qui fait rarement parler de lui en dehors des terrains vient de prouver qu'il est d'abord et avant tout mu par l'amour de son sport et non par l'appât du gain".Le club Al-Ahli proposait de payer sans rechigner les huit millions d'euros mentionnés dans la clause de départ du contrat de Pozuelo et d'allouer au stratège genkois un salaire annuel de trois millions d'euros pendant deux ans.

Pozuelo avait pourtant décidé de rester au moins jusqu'à la fin de la saison à Genk. "Notamment parce que je m'y plais bien et que je dois beaucoup à ce club", avait-t-il expliqué. "Parole de gentleman qui sait ce que la reconnaissance du ventre signifie alors qu'il existe tellement de mercenaires dans le métier", avions-nous commenté. Un mois plus tard, patatras. Voilà que le bonhomme annonce son intention de rejoindre au plus vite le club de Toronto. Finies donc les déclarations: "Je reste parce qu'il pourrait se passer quelque chose d'important pour Genk, au terme de cette saison".

Bref, ce qui était la vérité de janvier n'est plus celle de février. Et plusieurs confrères me l'ont fait savoir de façon gentillement ironique. En vérité, tout cela ne fait que confirmer une chose: le football est bel et bien un monde de mercenaires et il ne faut pas croire les joueurs sur parole. Leurs ambitions sportives passent 99 fois sur 100 après leur intérêt financier. Pozuelo, que nous avons cru naïvement au-dessus de ces contingences, n'échappe pas à la règle. Il faudra que les idéalistes s'y fassent.