Aleksandar Jankovic a tenu à clarifier la situation, un mois après que son nom a été mêlé au Footgate.

Il y a tout juste un mois, nos confrères de la RTBF annonçaient que le Standard, par l’intermédiaire de son président, Bruno Venanzi, avait décidé de porter plainte contre son ancien coach, Aleksandar Jankovic et son ex-directeur sportif, Olivier Renard.

En janvier dernier, Bruno Venanzi était convoqué dans les locaux des enquêteurs d’Hasselt. Cette audition faisait suite aux révélations de Dejan Veljkovic aux enquêteurs. Ce dernier aurait fait part de montages frauduleux effectués dans le cadre de plusieurs transferts de joueurs au Standard. Selon la RTBF, en octobre 2016, un contrat de scouting est passé ente la société Colt Sport et le Standard pour près d’un million d’euros. D’après Veljkovic, 200 000 € auraient été rétrocédés à Aleksandar Jankovic, qui venait d’arriver à Sclessin un mois auparavant, tandis qu’Olivier Renard aurait, lui, empoché 20 000 €. En 2017, un autre contrat de scouting (pour trouver des joueurs dans les Balkans) est signé à hauteur de 500 000 €. Jankovic toucherait alors une partie de cette somme et Renard, à nouveau 20 000 €. Tout cela, Bruno Venanzi l’apprend de la bouche des enquêteurs. Directement, Bruno Venanzi porte plainte contre, notamment, son ancien coach et son ex-directeur sportif.

Un mois plus tard, Aleksandar Jankovic, sous conseil de son avocat, a décidé de remettre les choses au point via un communiqué qu’il nous a fait parvenir.

"Ça fait 30 jours que j’ai appris qu’une plainte de la part du Standard a été déposée contre moi. À ce jour, je n’ai encore pas reçu de confirmation officielle, malgré les efforts de mes avocats qui ont contacté directement le Standard et son président, Bruno Venanzi ainsi que la Cours de Tongres. C’est scandaleux que des accusations aussi graves soient lancées par certains journalistes et non par la justice. Dans la vie publique, ce type de bombe médiatique fait des dégâts immédiatement et ce, sans prouver quoi que ce soit. Si certains journalistes ont envie de se la jouer Sherlock Holmes, de salir les noms des gens et de les accuser d’avance, ils devront aussi assumer leurs responsabilités devant la justice."

L’actuel coach des U21 chinois s’interroge également sur le timing de la divulgation de cette plainte. "En ce qui concerne la plainte éventuelle de Bruno Venanzi contre moi, elle arrive au moment où plusieurs enquêtes dans différents dossiers sont menées contre le club et le président (NdlR : à l’heure actuelle, seule la plainte de Saint-Trond, dans le dossier Edmilson, vise le club liégeois) . Si monsieur Venanzi veut se cacher derrière mon nom et détourner l’attention des médias de ces transactions, il a choisi la mauvaise personne. Je reste entièrement ouvert aux besoins de l’enquête, je le suis depuis le début. J’utiliserai tous les moyens juridiques pour prouver la vérité et j’irai jusqu’à Strasbourg (NdlR : Cour européenne des droits de l’homme) , s’il le faut."

Aleksandar Jankovic revient également sur les noms des joueurs cités dans l’affaire. "L’histoire des transferts des joueurs est triste et ridicule à la fois, mais surtout très facile à prouver pour moi. Des trois joueurs mentionnés (Kosanovic, Mladenovic, Cimirot), le premier a signé au Standard neuf mois avant mon arrivée et le dernier neuf mois après mon départ du club. Pour Mladenovic, tout le monde au club sait que j’étais favorable au retour de Jelle Van Damme au Standard car il présentait un tout autre profil. Les preuves de mes dires sont présentes partout dans les médias (plusieurs interviews de Jelle Van Damme en novembre 2016 ainsi que notre communication interne aussi)."

Enfin, Jankovic évoque le carnet noir de Dejan Veljkovic ainsi que les contrats de scouting qui sont à la base de la plainte déposée par le Standard.

"En écoutant monsieur Alexandre Grosjean dans l’émission du Grand Debrief (le 18 février), j’apprends que mon nom apparaît dans le fameux carnet de Dejan Veljkovic (NdlR : le directeur général liégeois, qui n'avait pas cité le nom de Jankovic, déclarait : “nous avons porté plainte suite aux éléments dont on a pris connaissance, nous avons été abasourdis par ce qu'on a découvert. Pour le reste, je ne peux rien dire car le dossier est à l'instruction”). Quant aux contrats de scouting signés entre monsieur Venanzi et monsieur Veljkovic, je n’en ai aucune idée et cela ne m’intéresse pas. Les contrats de scouting n’ont rien à voir avec moi. Je n’ai jamais entendu le nom de cette compagnie de scouting (NdlR : Colt Sport) jusqu’au moment où il est sorti dans les médias il y a un mois. Mon contrat avec le Standard, ainsi que tous mes contrats avec le KV Malines, sont transparents et officiels. Je les ai signés et j’en prends pleine responsabilité. Pour chaque euro touché, les impôts avaient été payés à l’État belge. S’il y avait le moindre doute concernant quoi que ce soit, la justice m’aurait déjà contacté depuis le mois d’octobre 2018. Mes contrats et mes comptes en banque restent disponibles, bien entendu. Mon nom apparaît pour la première fois maintenant, trois ans après avoir quitté le club, et c’est bien le Standard qui fait appel à ce fameux carnet de Dejan Veljkovic, c’est bien ce que j’ai compris. C’est connu qu’il y a beaucoup d’accusations graves sans preuves contre beaucoup de gens hautement positionnés dans le football belge dans ce carnet et l’enquête le prouvera. C’est également à la justice de vérifier si le carnet de Dejan Veljkovic sert à rejeter la responsabilité autour de lui où s’il est avéré et qu’il sauvera donc bien le football belge. Je parle pour moi-même et je me battrai contre les mensonges et manipulations jusqu’au bout et je suis prêt à prouver mes paroles devant la justice."