ANVERS Happé par l'ensemble de la presse francophone dès sa sortie du vestiaire, Alexandre Bryssinck ne s'est pas dérobé. Héros malheureux d'une rencontre qui s'est finalement jouée sur deux coups de dés, le défenseur louviérois a raconté avec beaucoup de sincérité sa mésaventure. «Le premier penalty résulte d'une mésentente incompréhensible avec Georges Arts. Le second, j'ai toujours du mal à me l'expliquer. Evidemment, suite à ces deux fautes, on va pointer ma prestation du doigt. J'assume: je suis bien le principal responsable de notre défaite même si nous pratiquons un sport collectif et, par conséquent, nous gagnons ou nous perdons à onze.»

En cent secondes, le Louviérois a donc commis deux fois l'irréparable, récolté sa première carte jaune de la saison et ouvert la voie du succès à une équipe anversoise qui, jusque-là, avait déjà reçu quelques belles opportunités d'ouvrir le score. Cette satanée mauvaise habitude des Loups de mal débuter les rencontres.

«Menés 2-0, nous avons essayé de relever la tête, explique le défenseur hennuyer. Notre seconde période fut de meilleure qualité et si le tir d'Ishiaku fouette les filets au lieu de finir sa course sur le poteau, je parie que l'issue du match peut encore être modifiée. Ceci dit, je reconnais que nous avons pris la très mauvaise habitude de concéder trop facilement un avantage à l'adversaire.»

Avec quatre défaites consécutives à son palmarès le plus récent, la Raal glisse inexorablement vers la zone rouge. Et dimanche, c'est Lommel qui se déplace au Tivoli.

«Nous n'avons jamais prétendu jouer l'Europe. Le but principal a toujours été de se sauver le plus rapidement possible. Cet objectif reste d'actualité. Nous savons donc ce qu'il nous reste à faire face aux Limbourgeois, le week-end prochain», assure Alexandre Bryssinck qui ne pense, évidemment, pas une seule seconde au double affrontement qui suivra, toujours contre Lommel, en Coupe de Belgique.

Seul dans un vestiaire rapidement déserté par ses camarades, Silvio Proto range soigneusement ses effets personnels. Le gardien louviérois rumine sa déception et sa frustration. Douze buts concédés en quatre rencontres après avoir longtemps figuré dans le Top 3 au classement des meilleures défenses du championnat, La Louvière file du mauvais coton.

«Comme contre Lokeren, on a loupé notre première mi-temps, analyse le dernier rempart hennuyer. Et qu'on se garde bien d'accuser qui que soit: la faute en incombe à tous. Certes, Alex commet deux penalties mais je me garderai bien de lui jeter la pierre. Sur le premier, l'attaquant du GBA joue bien le coup alors que sur le second, je crois que Bryssinck veut contrôler le ballon de la poitrine et un mauvais rebond le force, malheureusement, à toucher le cuir de la main.»

Samedi, au Kiel, le gardien louviérois a perdu le duel à distance qui l'opposait à l'autre grand gardien en devenir, Bram Verbist. Si l'Anversois a pratiquement suivi les débats en spectateur, Silvio Proto a surtout dû livrer deux duels, perdus, face à Paul Kpaka. «Il me prend les deux fois à contre-pied», regrette-t-il, une nouvelle fois impuissant.

© Les Sports 2003