Alfredo Di Stefano n'est plus. L'ancien attaquant, né en Argentine, puis naturalisé espagnol est décédé à l'âge de 88 ans. Le champion avait été admis à l'hôpital pour des soucis cardiaques qui l'avaient plongé dans le coma. Son état était encore jugé "grave mais stable" par le personnel médical. Malheureusement, l'ancien joueur de légende a finalement rendu les armes ce lundi à 17h15. En 2005, il avait déjà subi un quadruple pontage, ainsi que plusieurs opérations liées à ces problèmes de cœur.

Très affaibli ces derniers mois, celui qui avait été naturalisé en 1956, a finalement rendu l'âme à l'hôpital Gregorio Maranon de Madrid. Le Real perd ainsi son président d'honneur (NdlR: Di Stefano occupait ce "poste" depuis 2000) et a réagi via un communiqué. "Le président Florentino Perez et le club tiennent à exprimer leurs plus sincères condoléances, tout leur amour et leur affection à ses enfants, sa famille et ses amis" , peut-on lire sur le site du club. "Le Real pense également à tous ses fans à travers le monde et à ceux qui sont touchés par la perte du meilleur joueur de tous les temps" . Outre cette déclaration pleine d'émotion, de nombreux tweets rendent déjà hommage à la mémoire de l'un des attaquants les plus marquants du XXe siècle.


Le premier "vrai" Galactico

Né le 4 juillet 1926 à Buenos Aires, le buteur était considéré comme l'un des plus grands joueurs de l'histoire du Real Madrid, qui avait réussi à le "chiper" au Barça au milieu des années 50. Sous le maillot blanc du Real, il remportera une Coupe d'Espagne, huit championnats et réalisera surtout cette incroyable passe de cinq en Coupe d'Europe, faisant de son club l'équipe la plus redoutée du continent... et du monde, grâce à une victoire en Coupe Intercontinentale en 1960. Aidé de joueurs tels que Ferenc Puskas, Francisco Gento, ou encore Raymond Kopa, Di Stefano régnera sur le football des années 40-50-60, jusqu'à remporter deux Ballons d'Or, en 1957 et 1959.

Di Stefano, c'est surtout une incroyable et insatiable soif de buts. Le joueur se hissera à cinq reprises en tête du classement des buteurs de la Liga , dont quatre saisons consécutives. Deuxième meilleur buteur de l'histoire des Merengues, il ne sera battu que par Raùl, qui aura l'outrecuidance de battre El Rey ... mais dont le ratio buts par match restera malgré tout très inférieur à celui de Di Stefano. En effet, avec plus de 300 buts inscrits en moins de 400 matches sous le maillot madrilène, l'Hispano-Argentin culmine à 0.78 goal par rencontre. Un total que seul un joueur du club dépasse. Il s'agit d'un certain Cristiano Ronaldo, que Don Alfredo a défendu. lorsque le Portugais était sous le feu des critiques.

A cette pluie de trophées et de distinctions avec le Real, il faut ajouter ses titres amassés avec River Plate. Double champion d'Argentine, il gagnera également trois championnats de Colombie avec les Millionarios de Bogotà. En tout, la Flèche blonde remportera treize titres de champions, un record. Mais au-delà de ce palmarès de joueur, il parviendra également à se tailler une belle réputation en tant qu'entraîneur, en gagnant la Coupe des Coupes, le championnat d'Espagne et la Supercoupe nationale avec Valence, ainsi que le championnat d'Argentine avec Boca Juniors et River Plate. Tout un paradoxe...

Attaquant vif et rapide malgré un gabarit de costaud, Alfredo Di Stefano n'a pas attendu sa mort pour se faire une place de choix au sein du panthéon du foot mondial. Avec son charisme tranquille, il était l'une des voix qui compte, à l'instar de Michel Platini, Johan Cruyff ou encore Franz Beckenbauer. En club comme en fauteuil, il était de la trempe de ces tauliers pour lesquels on se tait, même des minots aux dents longues et au portefeuille bien rempli.

A l'heure des bilans, Alfredo Di Stefano est peut-être l'un des seuls manieurs de ballon à offrir une troisième voie à l'éternel débat "Pelé vs Maradona". Le tout sans avoir participé à une grande compétition internationale. Peut-être l'un de ses plus beaux faits d'arme, qu'il pourra partager avec son vieux pote Eusebio, disparu début janvier. Ce sept juin, la Flèche à rejoint la Panthère comme pour parfaire la constellation des étoiles du football disparues. Nul doute qu'avec son casque d'or, l'ange blond y brillera d'un éclat particulier.