L'Eendracht Alost, club de première division de football a été mis en liquidation, lundi soir, au cours d'une assemblée générale extraordinaire.

Une majorité de membres de l'association qui gère le club a reconnu que la dette de près de 3 millions d'euros ne permettait plus au club de survivre. Outre ce trou financier conséquent, la plupart des joueurs du noyau sont en fin de contrat et ne pourront donc être vendus tandis que le club ne doit plus espérer décrocher la licence nécessaire pour évoluer en première ou en deuxième division.

Trois liquidateurs ont été nommés: un réviseur d'entreprises et deux avocats.

C'est la première fois dans l'histoire du football belge qu'un club de première division est mis en liquidation.

L'équipe au matricule 90 entend bien terminer la saison, selon le voeu de son président, Luc Coppens. La décision reviendra cependant aux liquidateurs.

Quant à l'avenir, Luc Coppens estime qu'il passera probablement par une fusion avec le club de deuxième division Denderleeuw. Des négociations sont par ailleurs toujours en cours avec Denderhoutem qui évolue en division 3A.

«Cette décision est logique», a expliqué Luc Coppens à l'issue de l'assemblée générale. «Au niveau sportif nous avons été loin d'être brillant cette saison. Nous sommes actuellement avant-dernier et seul un miracle pourrait nous maintenir sportivement en première division. Viendra alors le problème de la licence que nous ne pouvons, de manière réaliste, plus décrocher. Et si même nous y arrivions, qu'allons nous faire au plus haut niveau sans joueur? L'Eendracht évolue depuis plusieurs saisons déjà au-dessus de ses moyens. La seule solution qui nous restait était la mise en liquidation».

Après un début de saison en boulet de canon, Alost, qui leader surprise lors des premières journées, avait brutalement chuté dans le classement. Il occupe aujourd'hui l'avant-dernière place avec 18 points, 5 de moins que l'ANtwerp, premier club en position de non-reléguable.

«Pour la suite nous rejoindrons probablement la deuxième division avec Denderleeuw et/ou Denderhoutem, même s'il reste beaucoup de chose à règler», a précisé le président alostois. «Nous avons déjà eu des discussions très constructives avec ces gens. Je ne vois pas de problème à une fusion. Quant à savoir où nous jouerons et comment sera composé la direction, ce sont des choses qsu'il faudra régler plus tard. Il y a encore quelque points litigieux mais j'ai bon espoir. Ce sera mieux cela qu'une disparition complète et définitive».

La décision de mise en liquidation de l'Eendracht Alost pourrait aussi avoir des implications au niveau de la suite du championnat. Tout dépendra, en fait des décisions des liquidateurs. Ceux-ci pourront soit accepter que l'équipe dispute les rencontres du championnat jusqu'au terme de la saison, et donc payer les joueurs et les frais inhérents notamment en matière d'installation et de personnel, soit décider d'arrêter purement et simplement les frais.

Dans ce dernier cas, les sept rencontres qu'Alost devaient encore disputer se solderont par un score de forfait. Tous les résultats engrangés depuis le début de la saison resteront acquis a confirmé, lundi, l'Union belge par la bouche de son porte-parole Nicolas Cornu, «l'équipe ayant joué tous ses matchs de manière tout à fait régulière».

Cependant le président du club, Luc Coppens, a exprimé un souhait en forme de décision lundi soir, annonçant qu'Alost respecterait ses engagemenst sportifs.

Quant à la situation du matricule 90 vis à vis de l'Union belge, elle dépendra du règlement des dettes vis-à-vis de la fédération. Si Alost ne paye plus régulièrement ses dettes comme elle a toujours su le faire jusqu'ici, le club, créé en 1919 risque la radiation. Une radiation qui peut intervenir en plein championnat, même si l'Eendracht décide de participer à la fin de la compétition.

Dans tous les cas le club devra plus que probablement débuter au niveau inférieur l'année prochaine. Cela signifie logiquement la seconde division. Mais comme une licence est nécessaire à ce niveau et que le club ne devrait pas pouvoir en revendiquer une étant donné sa situation financière, c'est plus que vraissemblablement la division 3 qui l'accueillera l'an prochain. Cependant la situation financière d'Alost est telle que même à ce niveau le club pourrait avoir du mal à survivre, d'où une éventuelle fusion à 2 ou à 3 à l'étude.