Battus 4-1 en décembre dernier au stade Santiago Bernabeu alors qu’ils étaient au sommet de leur art (rappelons qu’ils avaient battu quelques semaines auparavant Manchester United et, surtout, le PSV Eindhoven pour la qualification historique au 2e tour de la ligue des champions), les Anderlechtois ne se berçaient pas de trop d’illusions, hier soir, dans la capitale espagnole.

Face à une équipe madrilène revigorée depuis ses deux premiers succès à l’AS Roma et face au Lokomotiv Moscou, ainsi que ce samedi en championnat face à l’Espanyol de Barcelone, les hommes d’Aimé Anthuenis n’avaient il est vrai que peu d’arguments à faire valoir. Et ce n’est pas l’absence de Zinedine Zidane (suspendu) côté madrilène qui devait y changer quelque chose.

Le coach anderlechtois avait opté en tout cas pour une tactique ultra-défensive en 4-5-1, avec Aruna Dindane comme seul attaquant de pointe et Alin Stoica pour étoffer encore un peu plus sa ligne médiane. Sans surprise, le Real fit directement le siège du but défendu par De Wilde. Anderlecht passa cependant sans encombre les minutes initiales. Mieux même, puisque Alin Stoica, après une belle interception, lança Aruna Dindane qui rata une occasion 18 carats, seul face à Casillas (10e).

Le rouleau compresseur madrilène prit alors sa vitesse de croisière. De Wilde sauva la mise sur un coup franc millimétré de Figo (13e), puis devant Raul parti à la limite du hors-jeu (24e) et sur un puissant tir de Solari (30e). Le roseau anderlechtois pliait, mais ne rompait toujours pas.

Et l’incroyable se produisit après 33 minutes de jeu. Stoica, qui venait de démontrer toute l’étendue technique de son jeu, relança une nouvelle fois Dindane, l’Ivoirien trompant Casillas d’un subtil lob (0-1).

Madrid reprit cependant son travail de sape, avec sa double occupation des flancs. Juste avant la pause, Munitis et Raul eurent ainsi encore le but au bout du pied. Mais il était écrit que les dieux du foot étaient anderlechtois en cette première période, ceux-ci rejoignant les vestiaires sur ce score sensationnel.

Changement de physionomie à prévoir à la reprise. En moins de cinq minutes, Celades, puis Raul inversèrent complètement la tendance, la défense bruxelloise prenant l’eau de toutes parts (2-1).

Alors que le Real maintenait sa formidable pression, Aimé Anthuenis apporta du sang neuf en faisant monter au jeu De Bilde et Said, Hasi et Baseggio étant à bout de souffle. Pas le temps de respirer cependant pour Anderlecht. Raul, isolé par Munitis, réussit en effet le geste technique parfait pour lober De Wilde sorti à son encontre (3-1).

La fin de partie devenait un véritable calvaire pour Anderlecht, Solari (encore un lob!) permettant aux Madrilènes d’obtenir le même score que celui de l’an dernier...De Bilde ratant un penalty cadeau à l’ultime minute.