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Football

Anderlecht aux portes de l'Olympe

CHRISTOPHE BERTI

Publié le - Mis à jour le

Au moment où le petit avion transportant la délégation anderlechtoise a atterri à Munich, hier en fin de matinée, le thermomètre indiquait -1°. Pourtant, ce soir, dans le vieux Stade Olympique qui va bientôt laisser place à une enceinte ultra-moderne construite en vue de la Coupe du Monde 2006, le Sporting va jouer son match le plus chaud de la saison: nonante minutes pour atteindre les huitièmes de finale de la Ligue des Champions, quasi une finale pour le petit football belge, absent de l'Euro, empêtré dans ses problèmes financiers, décrédibilisé au fil des saisons et baignant dans une morosité qui lui colle aux studs.

Le Bayern dos au mur

Anderlecht pourrait balayer tout cela en arrachant un point au champion d'Allemagne, puisqu'un partage signifiera dans tous les cas une qualification pour le Sporting. Entre le rêve et le réalisme, les coeurs et les esprits balancent. Car si on analyse la situation comme en économie, on doit en arriver à la conclusion qu'Anderlecht n'a aucune chance. Le club de la famille Vanden Stock n'a gagné qu'un seul de ses vingt matchs de Ligue des Champions en déplacement - à Eindhoven il y a trois ans - et reste sur une différence de buts de 19 à... 47 hors de ses bases.

Il reste aussi sur... sept défaites d'affilée en Allemagne, où il n'a plus engrangé la moindre unité depuis le 1-2 de Hambourg au mois d'octobre 1977. En outre, il s'attaque à un géant du foot continental. Il suffit, pour s'en convaincre, d'évoquer quelques chiffres impressionnants. Le budget du Bayern, c'est 150 millions d'euros, dont plus de 90 pour les salaires des joueurs. En comparaison, le budget total d'Anderlecht est de 22 millions.

Enfin, quatrième de son groupe au premier tour de la précédente édition de l'épreuve derrière le Milan AC, La Corogne et Lens, les Munichois sont plus que jamais le dos au mur.

Le pressentiment de Broos

Bref, si le football est une science exacte, les Anderlechtois feraient mieux de rentrer chez eux pour ne pas prendre froid et de préparer leurs vacances d'hiver. «Je ne suis pas aveuglé par l'euphorie, commente Roger Vanden Stock. Ce sera une rencontre très difficile. Le Bayern doit gagner et dans ce genre de situation, il le fait neuf fois sur dix.»

Mais, car il y a mais, une fois sur dix, il échoue et le football, somme toute, n'est pas une science exacte. «Personne ne nous attend, mais personne n'attendait Anderlecht au PSV, rétorque Hugo Broos. Et pourtant, le Sporting a gagné. Je peux me tromper, mais j'ai un bon pressentiment. Je sens que le groupe est dans le même état d'esprit qu'avant le match contre Lyon.»

Un Hugo Broos qui pourrait frapper un grand coup, au niveau personnel, ce soir.

S'il réussit à Munich ce qu'il n'a pas réussi en France ou en Ecosse: sortir indemne d'un déplacement européen de haut niveau: «L'histoire ou les statistiques, je ne m'en occupe pas. Si on gagne au Bayern puis en Coupe de Belgique, on aura réussi une demi-saison superbe, mais on n'aura encore rien gagné...»

Les équipes probables

Bayern Munich: Kahn, Linke, Kuffour, Lizarazu, Salihamidzic, Hargreaves, Ballack, Ze Roberto, Santa Cruz, Makaay, Pizarro.

Observations: Kovac, touché à la cuisse samedi, laisse sa place à Linke. Hitzfeld a annoncé qu'il jouerait avec trois attaquants. Jeremies, insuffisamment rétabli, reste sur le banc. Scholl et Deisler sont indisponibles.

Anderlecht: Zitka, Deschacht, Kompany, Tihinen, Hendrikx (ou Kolar), Hasi, Zewlakow, Baseggio, Zetterberg, Aruna, Mornar.

Observations: Broos reconduit le même noyau qu'à Genk et optera pour un système en 3-5-2 avec des flancs à connotation défensive et Zetterberg en soutien des deux attaquants. Hendrikx devrait être préféré à Kolar sur le flanc gauche et De Boeck restera sur le banc.

Arbitre: M.Kim Milton Nielsen (Dan).

© Les Sports 2003

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