Anderlecht champion
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Anderlecht champion

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Anderlecht (3-0 face à Zulte Waregem) 70 points, Standard (0-2 face à La Gantoise) 65 points. Le Sporting de la famille Vanden Stock est devenu champion de Belgique de football vendredi soir au terme de la 34-ème et dernière journée de compétition.

C'est le 28-ème titre du Sporting, qui possède ainsi désormais 7 couronnes de plus que Bruges et le Standard... réunis (13 + 8). Les chroniqueurs polémiqueront sûrement beaucoup concernant la "valeur" de ce titre (Anderlecht est-il un grand ou un petit champion ?). Les avis seront probablement partagés, mais il n'y a qu'une tête couronnée par an, et c'est celle d'Anderlecht. Le maillot jaune est revenu à celui qui le voulait le plus. Bruges était en effet "trop court" pour vraiment le revendiquer cette saison, et le Standard se souciait surtout d'assurer la 2-ème place, qualificative pour le 3-ème tour préliminaire de la Ligue des Champions, sans refuser la première, cela va de soi, mais en se contentant parfois d'un point (0-0 à Saint-Trond, Lokeren, Charleroi et Roulers) pour ne pas risquer la défaite. Un raisonnement étranger à la "culture" mauve...

Le titre constituait en effet l'unique objectif d'Anderlecht. Une ambition qui ne l'a pas empêché de disputer des matches indignes d'une équipe du milieu du tableau (1-1 au Brussels, 0-0 au Lierse, 2-1 à Westerlo, 2-0 au Standard, 0-0 à La Louvière, 2-0 au GBA, 3-0 à Saint-Trond, 1-1 à Charleroi, 0-0 à Gand). Il a sans doute offert le meilleur football, mais en de beaucoup trop rares occasions.

Il a en revanche négocié à la perfection les trois rendez-vous clé du 2-ème tour. Contre Genk (4-1), le 4 février. Une bien cruelle désillusion pour Hugo Broos, qui comptait fermement sur son équipe ce soir là , pour démontrer que son renvoi du parc Astrid n'avait rien résolu. A l'époque la situation de son ancien adjoint et successeur Frankie Vercauteren, semblait d'ailleurs effectivement très inconfortable.

Mais les joueurs ont reçu cinq sur cinq le message sans équivoque de leur direction, inspiré par Roger Vanden Stock: "il n'y aura pas de changement d'entraîneur, même en cas de défaite(s)". Et c'est au contraire Pär Zetterberg qui a pris une belle revanche sur l'entraîneur "qui n'avait pas besoin de lui".

Deuxième tournant le 26 mars à Bruges, qui n'avait plus d'autre choix que gagner: 0-2 grâce à deux buts de Nicolas Frutos, une semaine avant le sacrilège dont sera victime Jan Ceulemans après la (lourde) défaite (4-1) à Gand.

Enfin le 21 avril: 2-0 contre le Standard, qui semblait si près du but. Cela devait en effet être le jour de gloire de Dominique D'Onofrio, éternellement en quête de reconnaissance. Mais son plan de bataille (ou plutôt de camp retranché) a été piétiné sans aucun respect par les troupes de Frankie Vercauteren. La voie du titre était ouverte, mais néanmoins toujours parsemée d'embûches, qui n'ont cependant pas arrêté le train mauve. Dernière en date, dimanche dernier à Gentbrugge, où les Bruxellois n'ont pu faire mieux qu'un match nul 0-0 face à La Gantoise. Mais comme dans le même temps le Standard ramenait un résultat identique de Roulers, il fallut attendre la dernière journée pour connaître le nom du champion 2005-2006.

La fête bat donc son plein à l'ouest de Bruxelles. Mais il reste beaucoup à faire pour éviter d'être à nouveau le cancre de la Ligue des Champions la saison prochaine, en renforçant cette équipe qui va pourtant perdre plusieurs de ses meilleurs éléments, dont Pär Zetterberg, qui a raccroché ses crampons vendredi. Au point qu'on se demande si un tel tour de force sera possible. On se demande aussi combien il y aura de clubs en D1 la saison prochaine.

Peut-être seize ou dix-sept, dont seulement deux wallons (et deux bruxellois), si Mons ne monte pas. La Ligue Professionnelle a l'air de trouver cela très bien, mais personne n'est obligé de partager cet avis.

A l'heure où il est tellement question de réformes, il serait peut-être opportun de revoir plutôt la formule de la Coupe de Belgique. D'autant que les "grands" n'en profitent même pas pour concrétiser les avantages qui leur sont accordés sur le terrain (Mouscron et Zulte-Waregem en finale). L'élimination d'Anderlecht par Geel, alors lanterne rouge en D2, figurera certainement parmi les arguments de ceux qui défendront la thèse du "petit champion". Les autres leur rétorqueront qu'il ne faut pas tout mélanger, et que le champion n'a pas besoin d'un lot de consolation. Il n'empêche que douze années d'insuccès, c'est quand même très long, après les huit tours d'honneur de 1965, 1972, 1973, 1975, 1976, 1988, 1989 et 1994.

Quoiqu'il en soit Anderlecht, matricule 35, a retrouvé pour la 28-ème fois la seule place qui lui convient en Belgique: la première. Il lui faut maintenant recouvrer un rang plus honorable en Europe, même si l'époque des vaches grasses - le palmarès du champion comprend deux Coupes d'Europe des vainqueurs de Coupes (1976 et 1978), deux Super-Coupes (1976 et 1978) et une Coupe de l'UEFA (1983) - est sans doute révolue pour longtemps...

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