Envoyé spécial à Gijon

C’est avec le sourire que la délégation d’Anderlecht a pris l’avion pour Bilbao, où le noyau de 21 s’est entraîné une dernière fois, hier soir. Le défi est énorme, dans le joli stade San Mames, qui sera bien rempli. "Nous sommes surtout curieux de voir la progression de notre jeune équipe, dit Herman Van Holsbeeck. Plusieurs de nos joueurs veulent jouer dans des clubs du top européen. Qu’ils montrent à Bilbao qu’ils ont ce niveau."

Le revers de la médaille est que les meilleurs joueurs de cette double confrontation pourraient se retrouver ailleurs la saison prochaine. Juhasz, mais aussi Biglia et Boussoufa veulent partir. "Nous n’en laisserons pas partir cinq, dit Van Holsbeeck. Peut-être deux ou au grand maximum trois. Tout dépendra de l’offre et du moment du transfert. Nous allons clairement dire à leurs managers : cela doit se faire avant cette date-là et pas après, afin que nous ne devions pas chercher de remplaçant en dernière minute."

Même si Anderlecht domine le championnat, Johan Boskamp considère l’Athletic comme favori. "Bilbao n’est pas une équipe du top en Espagne, nuance Van Holsbeeck. Ce n’est pas le Real ou Barcelone. Mais c’est le subtop espagnol, et ce ne sera donc pas de la rigolade. Et c’est une équipe qui joue à l’anglaise, alors que nos joueurs préfèrent un adversaire technique. On devra s’adapter à leur façon de jouer."

Il ne faut donc pas s’attendre à ce qu’Anderlecht fasse le jeu. "Nous voulons sauver les meubles au match aller. Ce sera important de survivre les vingt premières minutes. Selon nos rapports de scouting, les Basques débutent le match à du 200 à l’heure. Il serait donc logique que notre dispositif soit plus prudent. Le but est de leur faire mal à quelques reprises avec de jolies attaques, comme à l’Ajax. Nous sommes ambitieux. Une équipe qui va battre l’Ajax, doit être ambitieuse. A Amsterdam, on a joué un football typiquement Anderlecht."

De son côté, le président se rappelait du dernier match européen d’Anderlecht en Espagne, à Getafe, en 2007. Anderlecht s’était qualifié pour le tour suivant, malgré une défaite par 2-1. A l’aller, le Sporting n’avait pas touché un ballon. "On croyait pourtant qu’on avait une chance de gagner", se rappelle Roger Vanden Stock. "Pendant 90 minutes, nous avons galopé derrière le ballon, mais nous sommes plus forts aujourd’hui. Nous avons encore une équipe en construction, mais en même temps, nous réalisons de bons résultats. Nos chances face à Bilbao ? C’est du 50-50. N’oublions quand même pas que l’Athletic est classé dans la colonne de gauche en Primera Division. Ce serait une déception si on est éliminés mais pas une catastrophe. Surtout pas au niveau financier. Tout ce qu’on réussit dès à présent, c’est du bonus. Le match crucial était celui contre Sivasspor, qui nous a rapporté 2 millions."