Anderlecht est en état de choc. Le président Roger Vanden Stock, quoique invisible, ne décolère pas. L'émotion, qui était à son comble, dimanche soir à l'issue d'un classico détestable, demeure très vive à tous les niveaux du club. Même si le travail a repris, et qu'Herman Van Holsbeeck a passé la dernière journée du mercato à chercher des solutions aux problèmes d'effectifs qui se posent au lendemain d'une bataille meurtrière. C'est donc le porte-parole David Steegen qui a commenté la situation, avec retenue et dignité, après avoir déjà diffusé le communiqué médical en fin de matinée.

Pour rappel: double fracture ouverte du tibia et du péroné et 10 à 12 mois d'indisponibilité pour Marcin Wasilewski, qui a déjà subi une première intervention chirurgicale; rupture des ligaments croisés pour Jan Polak, rentré en Tchéquie pour se faire opérer par le médecin de l'équipe nationale, et présumé "out" pour une période de 6 mois.

"Wasil et Jan sont appréciés de tout le monde ici", rapporte David Steegen, "de leurs équipiers, des entraîneurs, du personnel en général, et des supporters. Surtout Wasil. Ce qui explique l'ambiance un peu mortuaire que vous constatez. En plus de cela ce sont deux leaders, alors qu'il y en a peu dans le noyau du Sporting. Bref ce qui leur arrive est à la fois humainement très regrettable, dramatique, mais aussi sportivement dommageable. On ne trouve pas les remplaçants de tels joueurs en deux tours d'horloge..." Le porte-parole mauve n'a pas épilogué sur les responsabilités des uns et des autres, dans le pourrissement et même la faillite d'un match au sommet qui ne présage rien de bon pour les futurs play-offs. "Mais je n'ai vu aucun joueur du Standard quitter le terrain en civière", lâche-t-il. "Anderlecht est et demeurera un club de tradition, où on ne se permet pas de tels débordements..."

- Pas de vendetta -

Et pas de pression sur le "jury" non plus. "On n'exige rien", souligne en effet David Steegen. "Il y a des instances qui vont juger l'affaire en toute indépendance, et on les respecte. On leur fait confiance aussi. Ce n'est pas à nous de dire à qui que ce soit comment Witsel doit être sanctionné. Je signale cependant que la Ligue professionnelle, catastrophée par le coup terrible porté à l'image de son produit, a en revanche pris contact avec le Sporting. Des actions seront peut-être menées dans ce cadre là, avec pour objectif d'empêcher que pareilles choses se reproduisent..."

Enfin Witsel risque-t-il d'être poursuivi devant les tribunaux? "On n'a pas encore eu le temps d'envisager sérieusement une plainte en justice", précise David Steegen. "Mais je crois que ce sera en définitive à Wasil de décider s'il faut aller aussi loin. A mon avis il ne se tournera vers un tel scénario qu'au cas où il ne pourrait plus jamais remonter sur un terrain. On n'en est heureusement pas encore là", conclut David Steegen, qui a bien fait passer le message de la maison mauve: tristesse, colère, etc... Mais pas de vendetta. Les règlements de compte de type mafieux, ce ne sont pas des pratiques en phase avec l'histoire du club!