Sauf rebondissements, Tom De Sutter et Thomas Chatelle devraient quitter cet hiver le Parc Astrid en traînant les pieds. Mieux logé sous certains aspects, Olivier Deschacht devrait quant à lui pouvoir rester au risque de cirer le banc à la façon des footballeurs en congés payés.

Si l’histoire de ces trois joueurs ne se lit pas par le même fil conducteur, force est toutefois de ramener ces trois cas au même échec anderlechtois. En transférant Thomas Chatelle à l’intersaison 2007-2008 et Tom De Sutter une année après le premier cité, le Sporting entendait en effet restaurer une politique des "clubmen" battue en brèche par l’avènement des footballeurs prétendus mercenaires. Tout au long de leurs primes années, Chatelle et De Sutter n’avaient jamais caché leur amour maladif pour le maillot mauve. Un amour tombé comme un virus alors qu’ils n’étaient encore que des adolescents endimanchés.

Soucieux de créer un "esprit de corps", de mettre le grappin sur des joueurs "à la bonne mentalité", Anderlecht avait saisi ces deux joueurs comme autant d’opportunités. Au Parc Astrid, la fin de l’ère Vercauteren venait alors de sonner et ses recettes "d’apprenti-sorcier" avaient été aussitôt jetées. Pour souder les joueurs de leur équipe, les dirigeants mauves n’entendaient donc plus miser sur les ténébreuses journées de "team building" organisées par Franky Vercauteren sous l’œil averti du psychologue Johan Desmadryl mais choisirent alors de transférer des joueurs au cœur anderlechtois. Des footballeurs mauves de la tête aux pieds.

Quatre ans plus tard, les cas Chatelle et De Sutter se soldent toutefois sur un constat d’échec. Et la stratégie des dirigeants semble déjà se courber. Fondamentalement, le choix posé par la direction mauve n’avait pourtant rien "d’écervelé". Mais, avec le recul, la méthode "clubmen" ne paraît limiter ses bénéfices qu’aux premiers mois passés. Si Chatelle et De Sutter connurent tous deux une intégration rapide à leur arrivée, l’échec qui s’en suivit ne peut s’expliquer par leurs seules blessures et ennuis de santé. À Anderlecht, nul doute que certains méditent déjà sur ce sujet.