ANDERLECHT Donc, les gens heureux n'ont pas d'histoires!

Voilà, en tout cas, ce qui ressort de la séance d'entraînement à laquelle les joueurs du Sporting d'Anderlecht avaient été conviés samedi matin par Franky Vercauteren. En l'absence d'Hugo Broos, parti ce week-end à Bordeaux, les Bruxellois ont limité leurs activités à un bref décrassage. Tous y ont participé sans problème, sauf Gilles De Bilde qui se ressentait de légères douleurs au cou. L'ambiance? Excellente, naturellement. Rédigé au lendemain de la cruelle déconvenue enregistrée par le Sporting il y a quinze jours au Staaienveld, l'avis de faire-part d'une équipe que l'on avait cru, à tort, moribonde a été jeté ce vendredi à la poubelle: cette `fin proche´, `inévitable´ même, que l'on promettait aux Anderlechtois, est, dès lors, reportée. Sine die? Et pourquoi pas, à partir du moment où le Sporting ferait ce qu'il doit faire jeudi, à Bordeaux? Impossible? Nullement! Cette théorie est du reste défendue en ces colonnes depuis que le tirage au sort du troisième tour de la Coupe de l'Uefa a révélé, le 15 décembre, aux Bruxellois la destination de leur prochain déplacement: la Gironde! Ainsi s'est-on dit que cette formation, qui, ce qui ne gâche rien, a, entre-temps, retrouvé le moral en alignant trois succès de rang n'a absolument aucun complexe à nourrir vis-à-vis d'un adversaire somme toute moyen, peu à son affaire dans une compétition nationale largement dévaluée depuis ces deux ou trois dernières années. On se prend encore à songer qu'Anderlecht, qui, c'est vrai, n'a pas montré grand-chose cette saison, obtient là une occasion unique de réussir sa reconversion en s'attribuant, à l'unanimité, des ambitions qui lui étaient prêtées jusqu'à présent, mais à tort.

Hannu Tihinen devra

pourrir la vie à Pauleta

En ce sens, ces trois points empochés méritoirement face à Lokeren tombent à pic: leurs effets ne sont pas uniquement comptables, ils sont surtout mentaux! Ce n'était pas forcément beau, ce n'était pas spécialement grandiose non plus mais pourquoi ne pas accorder à Glen De Boeck et à ses partenaires le bénéfice d'un doute, a priori légitime, basé sur une confiance retrouvée et se nourrissant d'un état d'esprit conquérant, solidaire, volontaire, bref le même qu'il conviendra d'afficher pour pouvoir repartir à la conquête de l'Europe au printemps prochain?

Il est, avouons-le, des perspectives moins réalistes que celle-là!

Glen De Boeck n'affirme, en fait, rien d'autre quand il déclare: `Nous sommes en nets progrès.´ Aleksandar Ilic, pour sa part, revient sur la toute bonne organisation dont `le Sporting a fait montre pour empêcher Lokeren de s'approcher du but de Daniel Zitka.´ Le sous-entendu est clair. C'est Hannu Tihinen qui l'énonce: `Cette même rigueur sera impérative face à Bordeaux.´ Mis à part cet accrochage avec Bangoura, qui aurait pu coûter plus cher à Anderlecht s'il avait été sanctionné comme il aurait fallu qu'il le soit, le Finlandais semble avoir compris exactement ce qu'Hugo Broos exige de lui: être sobre et implacable. La mission qu'il devra remplir ce jeudi, pourrir la vie de Pauleta, l' arme fatale des Girondins, ne s'annonce guère aisée. Sorti de la douche vendredi, on se hasarde à l'exercice, toujours délicat, de la prospective: que Tihinen soit à lui seul un mur infranchissable. Ou bien qu'il s'abstienne. C'est aussi simple que ça...

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