Un total de 37 points sur 51 à mi-course. Ce n'est pas extraordinaire, mais pas alarmant non plus. En revanche, le jeu d'Anderlecht a souvent été catastrophique. Et cela malgré 11,5 millions dépensés en transferts. Pourquoi est-ce qu'Anderlecht ne fait plus peur ?

Gilles Van Binst : "C'est une grande surprise qu'Anderlecht joue mal, parce que nos transferts étaient assez bons, et il y a plus de talents que la saison passée. Mais les statistiques ne mentent pas : la défense encaisse trop de buts. Heureusement, Anderlecht gagne même en jouant mal. De notre temps, l'adversaire venait au Parc Astrid pour limiter les dégâts. Maintenant, il vient pour gagner. J'ai vu des progrès en Ligue des champions, mais c'est encore insuffisant."

Kenneth Brylle : "Vercauteren est entraîneur comme il était joueur : il met la barre très haut. Mais est-ce que les joueurs le comprennent ? C'est peut-être un problème de mentalité de leur part. Ils semblent dire : "On est joueur d'Anderlecht et cela suffit". Mais il faut toujours viser plus haut ! Une image lors de Brussels-Anderlecht m'a frappé. A un certain moment, Vercauteren a mis les mains devant la figure avant de croiser les bras. Comme s'il voulait dire : "Rien à faire, j'ai tout essayé, ils n'écoutent quand même pas". Vu son énorme ambition, Vercauteren éprouve des difficultés à accepter que tactiquement et techniquement, ses joueurs fassent des erreurs. Leekens et Broos parviennent mieux à relativiser."

Paul Van Himst : "Moi, je constate surtout un manque d'équilibre dans l'équipe. En attaque, il y a assez de qualité, mais il manque quelqu'un en défense et au milieu. Anderlecht ne parvient pas à jouer de façon collective, à coller un adversaire contre son propre but. Heureusement que quelques coups de génie individuels de Tchite ont sauvé Anderlecht."

Georges Grün : "Je constate un manque d'automatismes, de gestes ou phases de jeu répétés à l'entraînement. Les joueurs jouent un peu à l'instinct, sans vraiment savoir ce qu'ils doivent faire. Je ne critique pas le coach, je ne sais pas comment il travaille à l'entraînement et dans quelle mesure ses joueurs réagissent. Je remarque aussi un certain je-m'en-foutisme, dans le sens où de moins en moins, les joueurs se plient aux exigences de leur coach. C'est devenu chacun pour soi."