Un quart de finale Argentine-Angleterre à la Coupe du monde de football serait fatal à la productivité des salariés anglais, qui abandonneraient leurs bureaux pour aller voir le match au pub, estime le cabinet de conseil Grant Thornton dans une étude publiée jeudi.

Selon lui, une victoire finale de David Beckham et ses coéquipiers en Allemagne serait profitable à l’économie, mais «les entreprises risquent de déguster d’ici là », alors que les pubs du pays ont déjà sorti drapeaux et écrans géants depuis plusieurs semaines.

Le cabinet évalue à 1,26 milliard de livres (1,85 milliard d’euros) la perte potentielle issue de l’absentéisme ou de la distraction des employés.

Ce même montant avait été avancé en mai par le Centre for Economics and Business Research dans une évaluation des gains de la compétition pour l’économie britannique, les secteurs de la distribution, de la restauration et de la publicité étant les principaux gagnants.

Maurice Fitzpatrick, de Grant Thornton, estime que «même une élimination précoce de l’Angleterre ne mettrait pas les entreprises à l’abri, les supporteurs reportant leur intérêt sur d’autres équipes ».

Le onze anglais disputant deux matches sur trois au premier tour en dehors des horaires de bureau, la menace concerne surtout la suite des événements si l’équipe se qualifie.

Alors qu’elle jouerait son huitième de finale samedi 24 ou dimanche 25 juin, sans grande conséquence sur la productivité, elle disputerait son quart de finale le vendredi 30 juin à 16 heures à Londres, un moment où, d’ordinaire, les lieux de travail ont déjà tendance à se vider au profit des pubs.

Les abandons de postes seraient d’autant plus nombreux si l’Angleterre affrontait l’Argentine, l’une de ses rivales historiques, au moins depuis la défaite des Anglais en 1986, et le but de la main de Diego Maradona. «C’est potentiellement le plus gros risque de perturbation du travail pendant le tournoi. Un tel match pourrait amener de nombreux employeurs à autoriser le personnel à partir plus tôt », estime le cabinet.

A l’inverse, certains ont déjà installé des télévisions dans les bureaux pour fixer le personnel.