ENTRETIEN

Aimé Anthuenis, les Diables ont failli contre la Lituanie. Pour quelles raisons?

Samedi, trop de nos Diables ne se sont pas découverts dans un bon soir. Circonstance aggravante: trop de nos sélectionnés font «banquette» dans leurs clubs au sein de compétitions européennes pourtant généralement peu relevées. L'équipe a ainsi manqué de vivacité dans les derniers gestes. Les circonstances étaient pourtant idéales: une motivation réelle dans l'effectif, une presse extrêmement positive et une ambiance chaleureuse, dans un stade bien garni. Le public a répondu à notre attente, nous avons trompé la sienne. Je ne m'abrite pas non plus derrière l'erreur défensive qui nous a coûté la victoire: elle fait partie des impondérables d'un match.

Le diagnostic est posé. Quels remèdes pouvez-vous apporter?

Je n'ai pas de potion magique. J'espère trouver l'oiseau rare mais celui-ci, dans l'état de notre «planète foot», n'existe pas. Aucun joueur extérieur à mon noyau actuel ne m'a convaincu qu'il était supérieur aux joueurs que je sélectionne régulièrement. Je n'entrevois donc, à l'heure présente, aucune alternative au groupe que j'ai bâti et avec lequel je travaille depuis deux ans. Ce groupe est un savant dosage d'éléments expérimentés et de jeunes prometteurs. Kompany, Van Damme, Vanden Borre sont les clés de voûte de l'équipe nationale de demain. Je sais qu'on me demande d'assurer le présent. Ce groupe est capable de le faire. Il l'a prouvé aux Pays-Bas puis en Norvège. Si je n'en restais pas persuadé, croyez-vous que j'aurais entamé la phase qualificative pour le Mondial en faisant très exactement le... contraire de ce qu'on attend habituellement d'un coach fédéral? La démarche logique aurait consisté à retenir primo les joueurs qui jouent dans leur club, secundo ceux qui y livrent de bonnes prestations, tertio à aligner ces derniers à leur place de prédilection. J'ai fait l'inverse mais j'assume. Parce qu'il n'y avait pas moyen d'agir autrement. On a avancé le nom du Mouscronnois Gregoire. Christophe est gaucher. Dans ce secteur, je m'appuie déjà sur l'expérience de Goor et la vitesse de Soetaers.

Avez-vous commis une erreur en ne titularisant pas Kompany?

Non. Je l'ai retenu avant même qu'il débute à Anderlecht. Sous ma direction, il a pratiquement disputé tous les matches. Mais, contre la Lituanie, j'ai estimé que le duo Van Buyten - Simons s'imposait. Il ne m'a d'ailleurs pas déçu. Le reconduirai-je dans l'entrejeu? C'est peut-être une solution mais pas une solution miracle.

Allez-vous rappeler Emile Mpenza?

C'est à lui qu'il faut poser la question! Il n'y a aucune équivoque entre Emile et moi. Après les incidents de La Gantoise - Standard, il m'a téléphoné pour m'annoncer qu'il souhaitait prendre du recul. Il m'a simplement spécifié qu'il me recontacterait quand il se sentirait de nouveau «prêt dans sa tête».

A ce jour, il ne m'a pas passé le moindre coup de fil.

© Les Sports 2004