Aimé Anthuenis privilégie le dialogue et la concertation, ce qui est loin d'être le cas de ses collègues et prédécesseurs, il est prioritairement, comme tous les patrons d'équipe nationale, fidèle à ses principes et à ses hommes.

Raymond Goethals et Guy Thys étaient d'indécrottables conservateurs qui ont réussi de grands résultats avec un noyau qu'ils ne modifiaient que quand il n'y avait pas moyen de faire autrement. Robert Waseige a réussi ses performances en s'appuyant sur une base de joueurs expérimentés qui se seraient fait tuer pour lui. Même Georges Leekens restait généralement sur ses positions, quel que fût le résultat.

À son arrivée à la tête de l'équipe nationale, forcé et contraint, Aimé Anthuenis a bien été obligé d'innover, de chercher, de découvrir, mais cette période est, aujourd'hui, achevée. Certes, il continue à démontrer que la porte reste ouverte aux jeunes ou plutôt aux nouveaux mais, parallèlement, il fait comprendre que son équipe type n'est pas loin d'être trouvée et que c'est avec elle qu'il attaquera la Coupe du Monde 2006 en juin prochain.

Hier, à l'heure de l'analyse de Belgique-France, le coach fédéral ne faisait guère mystère de ses intentions. Prenons le cas de Mbo Mpenza. Il a été très décevant, mercredi, mais le sélectionneur a attendu longtemps avant de le remplacer. Trop longtemps? «C'est évidemment un reproche qu'on me fait. Seulement voilà, je n'attendais pas de merveille, cette fois, de Mbo, qui est à cours de compétition, mais c'est un de mes hommes de base, un titulaire certain pour la Coupe du Monde. J'ai donc préféré lui donner du temps de jeu et travailler les automatismes. On peut tenir un raisonnement à peu près semblable pour Wesley Sonck...»

Dans ce cas, quel est l'intérêt de faire monter des joueurs à cinq minutes de la fin, comme ce fut le cas pour Bisconti, De Cock, Chatelle ou Pieroni? «Il ne faut pas aller chercher midi à quatorze heures, le but unique est d'offrir une cape à ces joueurs...».

Pour revenir à cette équipe type, quand on lui demande s'il ne pense pas que Timmy Simmons serait plus utile en milieu de terrain, comme demi-défensif, il répond: «Clement est le garçon qui m'a donné le plus de satisfactions, mercredi. C'est un titulaire solide, comme Timmy l'est derrière. Et je suis assez heureux de constater que Van Damme et Soetaers ont livré de bonnes prestations alors qu'ils sont pratiquement au chômage technique à Ajax. Soetaers, pour moi, reste le joker idéal.»

Bref, malgré la défaite qui l'a mis un peu de mauvaise humeur, il n'a des hésitations pratiquement plus que pour deux postes: le défenseur central (Van Buyten ou Kompany) et l'arrière gauche (Van Damme, Deschacht ou Van der Heyden) étant entendu qu'il considère toujours Bart Goor comme son capitaine et titulaire indiscutable. Mais un grand patron ou un grand meneur de jeu, il reconnaît ne pas en avoir en magasin. On peut le croire...

© Les Sports 2004