Le communiqué de presse sorti mardi du plancher anderlechtois s’achevait sur des mots sibyllins comme s’il fallait entretenir les doutes et les ambiguïtés, comme si l’histoire mauve d’Ariël Jacobs n’était en tout cas pas terminée. Restera ou pas ? Le tour de table effectué ce mardi n’aura pas permis de faire le tour de la question.

Si certains journaux s’empressaient mercredi matin de titrer qu’Ariël Jacobs était "parti pour rester", l’intéressé préférait hier jeter un regard amusé sur le sujet de toutes les palabres et de toutes les discussions de café. "Ce qui est clair c’est que si ce dialogue n’avait pas été constructif, je n’aurais jamais donné mon aval à la sortie de ce communiqué."

Un dialogue constructif donc. L’expression est bien enroulée mais la fumée blanche pourrait toutefois tarder à s’extirper de Neerpede. "Je ne peux vous dire qu’une chose : l’envie est toujours là. C’est la moindre des choses d’ailleurs. Si je ne l’avais pas je ne serais même pas là pour vous parler."

Reste à en connaître la forme. Car si beaucoup continuent de supputer sur la nouvelle tunique mauve (directeur technique ? Conseiller sportif ?), une autre envie pourrait rattraper l’entraîneur diegemois : celle de voir du pays. "J’ai une offre d’un autre club de division 1. Je ne vous en dirai pas plus. Il faut que le défi soit intéressant aussi. Je ne suis pas un entraîneur qui parle de projet. Certains de mes prédécesseurs s’étaient rangés derrière ce mot et cette idée mais j’ai constaté que six mois après, ils avaient disparu de la circulation. Dans le football moderne, mieux vaut ne pas parler de projet".

La phrase jetée comme une allumette sur des pavés déjà prêts à s’incendier allait hier rallumer les rumeurs les plus folles. Et si le Club de Bruges conscient que Christoph Daum pourrait partir sur un caprice d’été avait contacté Ariël Jacobs ? "Je ne sais pas d’où vient cette rumeur", nous confiait hier Vincent Mannaert. "Je peux vous apporter un démenti formel, il n’a jamais été question de faire venir Ariël Jacobs chez nous, il n’a même jamais été question de le contacter."

Qui alors ? Un Charleroi qui - à peine raccroché au wagon de la division 1 - voit déjà Dennis van Wijk s’envoler ? Le scénario paraît grotesque tant la direction actuelle paraît encore zigzaguer, Abbas Bayat ne sachant toujours pas s’il portera encore les clefs du club d’ici un mois. "Ce n’est pas important, croyez-moi", confiait Ariël Jacobs comme si cette "touche" était déjà effacée.

Car, au-delà de toutes les fadaises et des demi-vérités lancées à tire-larigot, Anderlecht reste plus que probablement la priorité d’Ariël Jacobs. Alors que par discours de façade, la direction bruxelloise continue de lancer que le sort du Diegemois ne tenait qu’à sa seule volonté ("S’il obtient le titre, Jacobs continuera s’il en a envie", n’avait cessé de répéter Herman Van Holsbeeck), Jacobs tentait hier de rectifier le tir d’un trait d’humour. "Est-ce qu’il faut croire tout ce que la direction dit ? C’est ce qu’on m’avait aussi dit en substance mais alors qu’on ne parlait que du titre en début d’année, les objectifs ont un peu changé. Et je le comprends parfaitement, croyez-moi. Je respecte le discours de la direction mais on m’a toujours appris à ne pas parler à la place des autres."

Une allusion à peine masquée aux récentes déclarations d’Herman Van Holsbeeck prétendant voir Jacobs souffrir. "Est-ce que j’ai l’air malade ? Dites-le moi si vous le voyez."

L’humour bien droit et le rire teinté, il est parfois bon de retrouver le "vrai" Jacobs après un titre empoché.