ÉCLAIRAGE

Rarement notre équipe nationale ne se sera trouvée devant une tâche d'envergure aux conséquences aussi énormes. Etre battu à Belgrade, et abandonner dès lors toute chance sérieuse de qualification pour la Coupe du monde qui se déroulera à nos frontières, ce serait, hélas, une date historique pour notre football. La fin d'un très long cycle d'un quart de siècle qui, au fil de six qualifications consécutives acquises sur le terrain, a permis au football belge de vivre parfois dans l'illusion, au-dessus des moyens, bref, de survivre. Chaque année, depuis 1980, tous les problèmes ont été effacés, ou, tout au moins, reportés, grâce à cette qualification - un solide record du monde, rappelons-le - qui a toujours noyé tous les poissons. La logique voudrait qu'on ne se soit jamais aussi mal préparé que cette fois pour un choc de cette envergure. Une première semaine d'entraînement pratiquement supprimée, des joueurs arrivés en fin de saison, pour certains laminés psychologiquement, pour d'autres physiquement, pour beaucoup, carrément absents pour cause de blessure, de suspension ou de mise à l'écart dans leurs clubs, tout cela a restreint le choix du sélectionneur au point qu'il dut faire appel à trois éléments qui n'avaient jamais été contactés et à d'autres qui n'avaient plus mis les pieds dans l'équipe nationale depuis cinq ans.

Des conditions qui font trembler quand on sait que ce n'est pas un nul qu'il faut aller arracher là-bas, mais une victoire. Pour combler une partie d'un retard sur le tableau de marche idéal de la qualification qui veut qu'un candidat à la première place gagne ses matches à domicile et prenne un point en déplacement, contre les concurrents directs, cette victoire est indispensable puisque les Diables accusent un retard de six points sur ce tableau de marche: un contre l'Espagne, deux contre la Lituanie et trois contre la... Serbie-Montenegro, un retard qui doit, théoriquement, être ramené à quatre points, compte tenu des contre-performances de nos adversaires, à savoir que la Serbie et l'Espagne, n'ont pas pu battre la Bosnie Herzégovine, contrairement aux nôtres...

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