CHARLEROI Les Carolos étaient visiblement meurtris après une nouvelle défaite et une cinquième sortie consécutive sans inscrire le moindre but.

«Nous n'avions pas bien joué lors de nos deux derniers matches face au Cercle et à La Louvière mais nous avions au moins évité la défaite, explique Frank Defays. Cette fois, nous développons un football méritoire mais nous n'avançons pas. Désormais nous devrons nous armer de réalisme comme ce fut le cas des Anversois qui se sont comportés comme nous l'avions fait au Tivoli mais qui ont, eux, tiré profit de la situation. Je regrette également l'exclusion d'Olufade qui nous a fait très mal. Elle a changé le cours du match au moment où nous passions à la vitesse supérieure avec l'appui d'un attaquant supplémentaire. En plein effort, nous avons été privés d'un atout majeur.»

La carte rouge dont fit l'objet l'attaquant togolais fut longuement commentée. À commencer par le principal intéressé: «C'est la première fois qu'il m'arrive pareille mésaventure mais je conteste la décision de l'arbitre qui eut lieu uniquement sur intervention de son juge de ligne. Stephan Leleu, avec lequel je m'étais souventfrotté en cours de rencontre, venait de commettre une faute sur moi et je l'ai juste un tout petit peu poussé. Il a ensuite très bien joué son coup en faisant du cinéma. C'est d'autant plus regrettable que notre machine se mettait en marche.»

Le défenseur de l'Antwerp prétendit dans un premier temps que son opposant direct lui avait adressé un coup en se relevant mais sa version s'avéra ensuite plus nuancée quand il confia qu'Adekanmi Olufade l'avait touché, qu'il n'avait pas à agir de la sorte... et que lui-même avait réagi en conséquence. On peut très bien entendre par là que Stephan Leleu en a rajouté un peu, comme c'est (trop) souvent et bien malheureusement le cas sur un terrain de football. On ne saura jamais si, avec toutes ses forces vives, Charleroi aurait enfin trouvé le chemin des filets, mais il fut déforcé au plus mauvais moment du match. René Desayere avoua d'ailleurs que le Sporting l'avait étonné: «Je l'avais vu très décevant face au Cercle. Il s'avéra autrement meilleur ce soir si bien que nous nous nous en sommes tirés à notre avantage essentiellement grâce à notre opportunisme.»

Dante Brogno insista sur la stabilité de son équipe: «Le problème de la concrétisation reste désespérément entier. J'en souffre d'autant plus que nous sommes présents sur le terrain et nous faisons preuve de la générosité voulue. Dommage que nous manquions cruellement d'un attaquant tel que... Pivaljevic ou Goots, parce que les bases sont bonnes. Vous les mettez chez nous, et on gagne!»

© Les Sports 2003