Quatre jours après sa mise à l’écart, il doit reprendre les entraînements ce mardi.

Prié de rester chez lui, vendredi dernier, lors de la réception de Genk, Ishak Belfodil est attendu, ce mardi matin, à la reprise des entraînements à l’Académie Robert Louis-Dreyfus. Mais dans quel état d’esprit se présentera un joueur qui, plus que jamais, espère décrocher un transfert de l’autre côté de la Manche, huit mois après l’échec des négociations menées avec Everton ? Ricardo Sa Pinto lui reproche son manque d’implication lors des différentes séances d’entraînement et n’a pas hésité à l’aligner avec les traditionnels réservistes lors des différentes oppositions organisées en semaine. "Je connais très bien le préparateur physique du Paris Saint-Germain et, dans les grands clubs, les joueurs sont habitués à gérer leurs efforts à l’entraînement car ils disputent trois matches par semaine. Ishak a été bercé dans ce monde et n’a donc peut-être pas l’habitude de se donner à fond tous les jours", explique José Jeunechamps, qui l’a entraîné durant deux mois lors du défunt exercice.

Une analyse qui expliquerait une vision footballistique quelque peu différente de celle de son entraîneur, qui veut voir des guerriers se disputer le ballon lors de chaque séance.

Il y a un an, la qualité des entraînements de l’international algérien ne prêtait pas à discussion car, le week-end, il avait l’habitude de faire la différence. Mais ces désirs de transfert ont modifié le regard des supporters et analystes. "C’est quelqu’un d’entier, qui dit ce qu’il a sur le cœur. Il ne réfléchit pas tout le temps avant de prendre la parole mais s’il estime avoir commis une erreur, il vient immédiatement s’excuser", reprend l’ancien intérimaire liégeois. "Dans le vestiaire, il n’est pas celui qui reste dans son coin, sans parler à ses équipiers. C’est un garçon très abordable. Sur le terrain, il y a eu un avant et un après mercato même si, quand on lui en parle, il affirme que c’est faux."

Son cas rappelle celui vécu par Aruna Dindane, il y a treize ans. À l’époque, l’attaquant anderlechtois était tout proche de décrocher un transfert en Angleterre mais les dirigeants bruxellois l’avaient contraint à rester douze mois supplémentaires dans la capitale. Vexé, l’Ivoirien n’avait plus jamais retrouvé son niveau avant de partir à Lens contre une indemnité financière bien moins importante. "J’avais l’impression d’avoir réussi mes examens mais de ne pas avoir le droit de passer à l’université", explique-t-il. "Personnellement, je n’étais pas frustré de ne plus être performant car je n’avais rien à me reprocher. Les dirigeants étaient responsables de cette situation. Donc, j’étais très à l’aise par rapport à tout cela, d’autant que je continuais à me rendre aux entraînements, sans commettre la moindre faute."

Ishak Belfodil semble suivre ce chemin. Même pas présent dans les tribunes, vendredi, il a participé, le lendemain, à un match amical disputé à huis clos face à Roda. Avant de partir à Paris, se ressourcer auprès des siens. "Si j’avais un conseil à lui donner, je lui dirais de ne jamais oublier qu’il n’a rien fait de mal. Un footballeur n’a que quinze ans de carrière. Quinze pour vivre tous ses rêves et se mettre à l’abri. Dans le cas présent, les dirigeants sont en train de lui prendre une année de son parcours professionnel. Qu’il reste droit et il en sortira grandi", termine Aruna Dindane.

La situation semble donc désespérée entre un joueur déterminé à découvrir d’autres horizons avant la fermeture du marché estival et un club attiré par une possible grosse indemnité de transfert. Les deux parties vont donc devoir trouver un terrain d’entente pour ne pas prolonger cette cacophonie jusqu’en janvier prochain. Car personne n’en sortira gagnant…

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