OITA Réputée comme l'un des centres balnéaires les plus merveilleux du monde, Oita est une véritable source de jouvence pour les supporters un peu émoussés par la longue traversée du désert entreprise depuis Saitama. La distance séparant les deux villes approchant les 1.500 kilomètres, notre choix s'est porté sur le train afin de rejoindre Oita. Le Shinkansen, merveille de technologie et d'aérodynamisme dont la vitesse moyenne avoisine les 300 kilomètres à l'heure, nous a permis de rallier Oita en un temps minimum.

La préfecture d'Oita vit véritablement au rythme de cette Coupe du Monde comme en témoignent les centres d'information, les flashes spéciaux, les banderoles et les magnifiques affiches. De plus, la taille réduite d'Oita a permis des rencontres fréquentes entre supporters belges et tunisiens. Ainsi, à peine arrivés au terminal de bus, moyen le plus rapide pour rejoindre le Big Eye (le stade d'Oita), nous avons été les témoins d'un conciliabule pour le moins cocasse. Une paire de supporters tunisiens, submergés par un nombre impressionnant de plans, débattaient quant au chemin à adopter pour rejoindre le stade. Plans de la ville, plans des différents moyens de transport, plans d'accès au stade, en japonais ou en anglais, ont eu raison de l'orientation de ces habitants du Pays Proche, davantage rompus à l'accueil des touristes qu'à endosser eux-mêmes ce rôle. Soucieux de s'attirer les bonnes grâces du spectateur neutre japonais, quelques supporters tunisiens n'hésitent pas à multiplier les contacts. Peut-être espèrent-ils créer une alliance temporaire? Une telle agitation nous fait immédiatement penser à un marché arabe en pleine effervescence.

Les groupes de supporters belges, dont la plupart s'étaient rencontrés le jour précédent lors de la diffusion, sur écran géant, du match Russie - Tunisie, se mêlent peu à peu à ces discussions, transformant Big Eye et ses alentours en une tour de Babel contemporaine ou l'anglais à la sauce Coupe du Monde fait recette. Cette sauce, qu'elle +soit relevée d'un subtil accent japonais ou aromatisée d'un délicieux accent tunisien, donne à la langue de Shakespeare une richesse de goût incomparable. Agréablement surpris au premier match par les demandes de photos incessantes du public japonais, les supporters belges et tunisiens se prêtent dorénavant volontiers au jeu. La magie de la Coupe du Monde opère.

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